
Site archéologique
Alignements de Lagatjar
Finistère, Bretagne
À propos de ce lieu
En 1776, le dictionnaire d'Ogée recense six cents menhirs à Lagatjar. En 1883, quand l'État classe enfin le site monument historique, il n'en reste plus qu'une centaine. Entre les deux, des carriers locaux ont prélevé les pierres pour construire des routes, des murs et des maisons. Un siècle de démantèlement tranquille d'un site qui aurait pu rivaliser avec Carnac.
À l'extrémité de la presqu'île de Crozon, entre la pointe de Penhir et la pointe du Toulinguet, la lande descend en pente douce vers la mer d'Iroise. C'est ici, sur ce plateau balayé par l'Atlantique, que des hommes du Néolithique final ont dressé leurs pierres il y a environ quatre mille cinq cents ans. Contemporains de Carnac. L'ensemble d'origine formait une structure en forme de F majuscule, un alignement principal qui courait sur plus d'un kilomètre du nord-est au sud-ouest, deux files perpendiculaires qui en partaient à angles droits. La longueur totale, selon les estimations, aurait pu atteindre mille cinq cents mètres.
Personne ne sait exactement pourquoi. La disposition géométrique a conduit certains à y voir un observatoire astronomique, les files suivent une orientation précise, N 35° Est, liée peut-être à des calculs solaires ou stellaires. D'autres y lisent un espace cultuel. Lagatjar en breton se prononce lagad-yar, l'œil de la poule. Référence peut-être à la constellation des Pléiades, que les Bretons appelaient ar yar, la poule. Rien n'est établi. La pierre garde son secret.
La première description sérieuse date de 1799, l'amiral Thévenard dessine quatre-vingt-quatre blocs et joint un croquis. Au fil du XIXe siècle, les descriptions divergent : Brousmiche voit un temple druidique, Fréminville publie un plan, Du Châtellier alerte sur les destructions. En 1907, ce dernier constate avec désespoir que les prélèvements se poursuivent malgré la protection officielle. Les carriers locaux cassent les menhirs et utilisent les fragments pour stabiliser les chemins. Le génie militaire en a détruit d'autres pour construire les fortifications de la pointe du Toulinguet.
Il faut attendre 1928 pour que la situation change. L'administration des Beaux-Arts, soutenue par le Conseil général du Finistère et par l'Institut finistérien d'études préhistoriques, décide de relever les pierres. Soixante-quatre menhirs tombés sont redressés à leur emplacement d'origine après recherche des calages, ces petites pierres enfouies qui servaient à caler la base des menhirs et qui permettent de retrouver leur position exacte. L'opération révèle aussi un polissoir en grès et des tessons de céramique néolithique. Une hache en bronze avait été trouvée à la base d'un menhir brisé, unique matériau archéologique associé à l'ensemble.
Aujourd'hui, quatre-vingt-quatre monolithes ou bases de monolithes se dressent encore sur plus de deux cents mètres. Les plus hauts atteignent trois mètres. La lande alentour est rase, exposée au vent.
Ce qu'il reste ne dit qu'une fraction de ce qui était là.
Tags
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Informations pratiques
Localisation
53B Rue Saint-Pol Roux, 29570 Camaret-sur-Mer


