Alignements du Ménec
Site archéologique

Alignements du Ménec

Morbihan, Bretagne

À propos de ce lieu

Parmi les onze rangées parallèles du Ménec, un seul menhir se détache, le Géant du Ménec, svelte et haut de trois mètres cinquante, qui contraste radicalement avec les blocs trapus qui l'entourent. Les archéologues pensent qu'il appartient à un aménagement plus ancien, intégré après coup dans l'alignement, comme si les constructeurs néolithiques avaient trouvé ce solitaire déjà planté là et avaient simplement continué leurs rangées autour de lui. Une mémoire dans la mémoire. Le Ménec est le premier, le plus occidental, le plus grand des alignements de Carnac. Il s'étire sur neuf cent cinquante mètres selon une orientation sud-ouest/nord-est, avec onze files parallèles de pierres qui vont décroissant en taille vers l'est, les plus hautes à quatre mètres à l'entrée, les plus humbles à soixante centimètres à l'autre bout. À l'extrémité occidentale, une enceinte ovoïde de soixante-dix menhirs entoure le hameau du Ménec, dont les maisons ont poussé entre les pierres dressées sans que personne n'y trouve rien d'étrange. Les villageois vivent dans un cromlech depuis des siècles. Tout cela a été construit vers 4500 avant notre ère. Ce chiffre ne dit rien tant qu'on ne le confronte pas à quelque chose de concret, Carnac est plus ancien que les pyramides d'Égypte d'au moins mille cinq cents ans. Les hommes qui ont dressé ces pierres ne parlaient aucune langue connue, ne pratiquaient aucune religion identifiée, n'ont laissé aucun texte. Ils ont laissé les pierres. Pourquoi des lignes ? On a dit : une armée pétrifiée par saint Cornély fuyant les légions romaines. On a dit : un calendrier astronomique. On a dit : un réseau de monuments funéraires organisé selon la course de la lune. Les pierres du Ménec sont orientées vers des levers intermédiaires entre les deux solstices. Celles de Kermario suivent le solstice d'été. Celles de Kerlescan les équinoxes. Chaque alignement regarde son propre point du ciel. L'ensemble était probablement continu au Néolithique, une ligne de quatre kilomètres de menhirs qui reliait tous ces champs, dans un paysage ouvert et dégagé que les pins du XXe siècle ont fragmenté et caché. En 1947, un projet routier prévoyait de faire passer la RD 196 entre les deux files méridionales du Ménec. Les travaux commencent en 1953 avant d'être déviés. Les strates les plus anciennes ont été abîmées. Une polémique a opposé l'État, la commune et les archéologues. Les pierres ont gagné. En 1991, le site est clôturé pour stopper l'érosion par piétinement. En juillet 2025, les alignements entrent au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les rangées continuent vers l'est. On ne sait toujours pas pourquoi elles s'arrêtent.

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Informations pratiques

Localisation

LIeu-dit le Ménec, 56340 Carnac