Bibracte Mont Beuvray
Site archéologique

Bibracte Mont Beuvray

Saône-et-Loire, Bourgogne-Franche-Comté

À propos de ce lieu

Sous mille hectares de forêt du Morvan, une ville dort depuis deux mille ans. Pas ruinée. Pas brûlée. Simplement abandonnée, ensevelie par les feuilles et les siècles, attendant que quelqu'un retrouve son adresse perdue. Bibracte est la capitale des Éduens, l'un des peuples les plus puissants de la Gaule, alliés de Rome depuis le milieu du IIe siècle avant J.-C. Au sommet du Mont Beuvray, à 821 mètres d'altitude, entre les bassins de la Loire, de la Saône et de la Seine, ils construisent une ville de cent trente-cinq hectares ceinturée de cinq kilomètres de remparts en murus gallicus, un mur de pierre armé de poutres de chêne, technique que César lui-même décrit dans ses commentaires avec l'admiration d'un général face à un adversaire à la hauteur. Mineurs, forgerons, frappeurs de monnaie, marchands d'amphores de vin importé d'Italie : Bibracte est une métropole en mouvement, peut-être dix mille habitants, carrefour commercial entre deux mondes. En 52 avant J.-C., tout bascule. Les Éduens, peuple allié de Rome, rejoignent la grande révolte. C'est ici, dans leur propre capitale, que Vercingétorix est confirmé chef de la coalition gauloise contre l'envahisseur. Quelques mois plus tard, après sa victoire définitive à Alésia, César revient à Bibracte pour y prendre ses quartiers d'hiver. Dans la ville qu'il vient de soumettre, il achève la rédaction des sept premiers livres du De Bello Gallico, le récit de la conquête, écrit par le conquérant dans la maison de ceux qu'il a vaincus. Quelques décennies après, Auguste fonde Augustodunum, Autun. La nouvelle capitale romaine des Éduens est à vingt-cinq kilomètres, dans la plaine, à la romaine. Bibracte est abandonnée. Elle s'endort. Les murs s'effondrent lentement, la forêt reprend ses droits, un monastère franciscain s'installe brièvement au sommet puis disparaît à son tour. La ville est oubliée. Depuis la Renaissance, les érudits débattent : Bibracte est-elle à Autun, à Beaune, ou ailleurs ? Personne ne sait vraiment. En 1867, un négociant en vin autunois nommé Jacques-Gabriel Bulliot obtient de Napoléon III des crédits pour fouiller le Beuvray contre l'avis de tout le monde. Les paysans lui ont parlé de monnaies, de tessons, d'énormes remblais. Il a raison. Bulliot creusera trente ans. Son neveu Joseph Déchelette lui succède et démontre, à partir des objets mis au jour, qu'une même civilisation celtique s'étendait de la Grande-Bretagne aux plaines de Hongrie. Déchelette meurt en 1914 sur le front. Le site retombe dans l'oubli. En 1984, François Mitterrand lance un nouveau programme de fouilles à l'échelle européenne. Chaque été, des archéologues de douze universités de sept pays fouillent le même sous-bois. À ce jour, cinq pour cent du site a été dégagé. Dans la forêt, certains hêtres sont tordus en arcs et spirales, des queules, façonnés par les Gaulois pour clôturer leurs champs, décrits par César, pratiqués encore au XIXe siècle par les paysans du Morvan. Le lien n'a jamais été rompu.

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Informations pratiques

Localisation

2 route Jacques-Gabriel Bulliot, 71990 Saint-Léger-sous-Beuvray