
Château
Château de Beaumanoir
Côtes d'Armor, Bretagne
À propos de ce lieu
Pendant le combat des Trente, au plus fort de la mêlée, Jean de Beaumanoir est blessé et réclame à boire. L'un de ses compagnons lui répond : Bois ton sang, Beaumanoir, et la soif te passera. Le capitaine se relève et reprend le combat. C'est en mars 1351. Ce nom, Beaumanoir, portera pendant huit siècles le poids de ce moment.
La seigneurie existe depuis le début du XIIIe siècle au-dessus de la vallée de la Rance, sur les hauteurs dominant Évran. En 1200, Hervé de Beaumanoir prend les armes contre Jean-sans-Terre après l'assassinat du jeune duc Arthur de Bretagne. La famille s'enracine dans la guerre comme dans la pierre. Robert de Beaumanoir est maréchal de Bretagne, gouverneur de Josselin pour Charles de Blois, vainqueur du Combat des Trente face aux Anglais en mars 1351. L'image de ce duel de soixante hommes à pied sur une lande du Morbihan, trente partisans de la France contre trente partisans de l'Angleterre, convoqués par défi chevaleresque, entre dans toutes les chroniques. Jean de Beaumanoir commande les siens et négocie en 1365 le premier traité de Guérande qui met fin à la guerre de succession de Bretagne. Il meurt peu après. Sa veuve épouse Olivier de Clisson.
Le premier château fort est détruit par les guerres de la Ligue à partir de 1590. Il ne reste rien. En 1619, François Peschart, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi et conseiller au Parlement de Bretagne, rachète la seigneurie et entreprend en 1628 la construction du château actuel. L'édifice, pur style Louis XIII dans un Pays d'Armor qui n'en avait guère l'habitude, s'organise autour d'une cour d'honneur rectangulaire. Au sud, un mur percé d'un chemin de ronde à balustres conduit à une porte monumentale d'inspiration Renaissance italienne : fronton courbe, pilastres à bossages aplatis, statuette d'Éros, figures de chérubins sculptés sur l'architrave, armoiries des Langle-Beaumanoir au tympan. Les deux tours carrées qui flanquent le chemin de ronde s'appuient sur des cariatides, partiellement martelées au XIXe siècle par une propriétaire qu'offusquaient, dit-on, leurs opulentes poitrines. La chapelle, dans la tour orientale, est voûtée sur huit colonnes ioniques concentriques.
La famille Peschart laisse place par dot aux Le Meneust, puis aux Langle-Beaumanoir, une longue lignée de parlementaires bretons qui occupent les lieux jusqu'en 1947. À la mort de Marie de Langle, le château est progressivement vidé de son mobilier. Les lambris Louis XV sont arrachés, brûlés dans une ferme voisine, certains récupérés de justesse en 1980. En 1963, le Conseil général des Côtes-d'Armor rachète un édifice en ruine. Il le restaure. Le château est à nouveau habité.
Bois ton sang, Beaumanoir. Certains noms n'ont pas besoin d'explication.
Tags
châteauforteressemédiéval
Informations pratiques
Localisation
Château de Beaumanoir 22 Beaumanoir, 22630 Évran


