Château de Bienassis
Château

Château de Bienassis

Côtes-d'Armor, Bretagne

Château Renaissance des Côtes-d'Armor

À propos de ce lieu

En 1481, un cadet de noblesse nommé François du Quélennec baptise son navire de pirate du nom de son manoir. La Nef de Bienassis court les côtes bretonnes, mêlant commerce et rapine. Son propriétaire n'est riche que de deux cents livres de rentes, mais il porte le nom de sa maison sur les mers comme une enseigne. C'est peut-être la meilleure preuve que Bienassis comptait déjà pour quelque chose. Tout commence au XIIe siècle, sur un promontoire cerné de douves, à cinq kilomètres du bourg d'Erquy. Une famille nommée de La Motte y élève un manoir de bois à ossature de poteaux, dans le style des halles de marché. En 1374, Jean de Quélennec acquiert la terre en épousant Tiphaine du Fou. Son fils Geoffroy hérite de la bâtisse en 1414, les textes la décrivent alors comme une vieille salle de l'ancienne façon, fondée sur poteaux de bois. Il la fait raser et construit à la place, entre 1414 et 1434, un logis de pierre neuf. C'est la base de ce qu'on voit encore aujourd'hui. Les Quélennec tiennent Bienassis pendant deux siècles. Sous leur gouverne, la seigneurie quadruple de superficie, quatre cent soixante-cinq journaux de terres en 1583, cent vingt-six fermiers, quarante-six maisons, un péage sur la plage de Cargouet pour quiconque vient y ramasser des matériaux. Le château est alors une entreprise autant qu'une demeure. À la fin du XVIe siècle, les guerres de la Ligue traversent Bienassis comme une tempête. Gilles de Visdelou, parti du côté d'Henri IV, voit ses domaines confisqués par le duc de Mercoeur pendant dix ans. Il est fait prisonnier. Quand la paix revient, il épouse Françoise de Quélennec en 1591 et engage aussitôt la reconstruction. L'entrée, la cour, les pavillons d'angle, l'enceinte crénelée, tout est repensé dans le style Renaissance qui commence à s'installer en Bretagne. Un grand escalier monumental à deux volées, sans jour central, s'élève dans l'aile ouest. La dendrochronologie confirme : les poutres du pavillon datent d'après 1596. C'est du bois d'après-guerre. Le tout est bâti en grès rose d'Erquy, la roche locale, celle-là même qui pave les rues de Paris, rosée au soleil, presque bordeaux sous la pluie, qui donne aux façades une couleur que l'on ne trouve nulle part ailleurs en Bretagne. En 1796, un général révolutionnaire nommé Valletaux rachète le château. En 1880, ses descendants le cèdent à l'amiral Jules de Kerjégu, qui rentre de campagnes en Crimée, au Mexique, en Chine, en Cochinchine, et rapporte avec lui des porcelaines de l'autre bout du monde. Elles sont encore dans la salle à manger. La même famille habite les lieux depuis cent quarante ans. Les douves sont toujours en eau.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

D786, 22430 Erquy

Horaires

Moyenne saison (Avril-Juin / Septembre) : Mer, Ven, Dim — 14h30 et 16h. Haute saison (Juillet-Août) : visite guidée à 11h tous les jours sauf samedi.

Tarifs

8,00 €

Exploré le

6 décembre 2025