Château de Châteaubriant
Château

Château de Châteaubriant

Loire-Atlantique, Pays de la Loire

À propos de ce lieu

Un château construit sur une frontière finit toujours par être au cœur de l'histoire. Celui de Châteaubriant, posé sur les Marches de Bretagne là où le duché touchait le Maine et l'Anjou, a traversé dix siècles en portant les cicatrices de chaque conflit majeur, et quelques secrets que personne n'a jamais vraiment éclaircis. Vers 1015, un envoyé du comte de Rennes nommé Brient bâtit une motte castrale au bord de la Chère. Le bourg qui naît autour porte son nom. Au XIIIe siècle, la motte devient forteresse de pierre, flanquée de tours, cernée de douves. La seigneurie passe aux Dinan, grande famille bretonne, puis aux Laval par mariage. La position du château, exactement au point de contact entre le duché et le royaume, en fait un pion capital dans chaque querelle. En 1487, Françoise de Dinan, héritière du château et gouvernante de la jeune duchesse Anne de Bretagne, commet une trahison calculée. Furieuse d'avoir été écartée du conseil ducal, elle réunit à Châteaubriant une soixantaine de barons bretons qui signent un traité appelant le roi de France à l'aide contre leur propre duc. Charles VIII débarque. Puis, réalisant que le traité livrait les places fortes bretonnes sans garanties, les mêmes barons volte-face et se rallient au duc. Trop tard. En avril 1488, l'armée royale commandée par Louis de La Trémoille attaque Châteaubriant avec ses canons. Un boulet perce la tour de la Torche du côté nord-ouest. La place résiste huit jours, tombe le 23. Le roi ordonne le démantèlement. Deux cent trente-six maisons de la ville brûlent. Anne de Bretagne, qui sera contrainte d'épouser Charles VIII en 1491, verse à sa gouvernante cent mille écus d'indemnité. C'est avec cet argent que commence la renaissance du château. Françoise de Dinan commande un premier bâtiment Renaissance dans l'ancienne basse-cour. Elle meurt en 1499 sans l'avoir vu achevé. Son petit-fils Jean de Laval reprend le chantier, ajoute une galerie, un escalier d'apparat, transforme la place-forte médiévale en demeure aristocratique ouverte sur jardins. C'est lui qui épouse Françoise de Foix. Françoise de Foix : cheveux noirs, teint halé, yeux verts, cousine lointaine d'Anne de Bretagne. François Ier, qui prétend qu'une cour sans femmes est une année sans printemps, la convoque à Paris vers 1516. Elle devient sa favorite pendant dix ans, jusqu'en 1526 où Anne de Pisseleu la supplante. Française rentre à Châteaubriant auprès d'un mari dont la jalousie sommeille depuis des années. Dans la nuit du 16 octobre 1537, elle meurt. Les circonstances restent obscures. La rumeur accuse Jean de Laval de l'avoir enfermée dans une chambre tendue de noir et fait ouvrir les veines. Lui lui élève un tombeau à l'église des Mathurins, avec épitaphe de Clément Marot. La chambre dite « de Françoise de Foix » est toujours là, dans la tour Renaissance. On dit qu'à la date anniversaire de sa mort, une flaque de sang apparaît sur les dalles. On dit aussi que les fantômes de François Ier, de Jean de Laval et de Françoise viennent se retrouver dans cette chambre, chaque 16 octobre, pour rejouer une dernière fois ce qu'ils n'ont jamais fini.

Tags

monument historiquemédiévalrennaissance

Informations pratiques

Localisation

Place du General Charles de Gaulle, 44110 Châteaubriant