
Château
Château de Fontainebleau
Seine-et-Marne, Île-de-France
À propos de ce lieu
François Ier gardait la clé de la galerie autour de son cou. La galerie François Ier, première du genre construite en France, n'était pas un espace de représentation mais un corridor privé, accessible directement depuis la chambre du roi. Le peintre florentin Rosso Fiorentino y inventa un langage décoratif sans précédent : fresques mêlées à du stuc, putti, cartouches, cuirs enroulés, allégories mythologiques et latines. Pour la première fois en France, la peinture et la sculpture fusionnaient sur un même mur. Une révolution silencieuse, réservée d'abord à un seul homme.
C'est le désir de François Ier qui a tout changé. En 1528, il fait raser l'ancienne forteresse médiévale pour construire en pleine forêt de Brie un palais à l'italienne. Il fait venir des maîtres italiens, achète des antiques à Rome, commande des copies en bronze du Laocoon et de l'Apollon du Belvédère. La Joconde de Léonard de Vinci et plusieurs Raphaël entrent dans sa collection à Fontainebleau avant de rejoindre le Louvre. Le roi séjourne ici plus de soixante-dix fois. Il y meurt presque, en 1525, quelques semaines après Pavie et sa captivité à Madrid.
Tous les rois qui suivent laissent leur marque. Louis XIII naît ici en 1601, Fontainebleau est le berceau des Bourbons. Henri IV y fait construire une aile entière. Louis XIV s'y retrouve loin du protocole écrasant de Versailles. Louis XVI et Marie-Antoinette y viennent chercher un air plus libre.
Puis Napoléon. Il découvre le château en ruine en 1804, la Révolution l'a dépouillé de ses vitres, de ses miroirs, de ses toitures et de tout son mobilier. Il ordonne de le remeubler en dix-neuf jours pour recevoir le pape Pie VII, venu de Rome pour le sacrer. Il appelle Fontainebleau "la vraie demeure des rois, la maison des siècles". En 1812, il y fait transférer en secret Pie VII, prisonnier depuis deux ans à Savone, et l'y retient pendant dix-neuf mois. Sous pression, le pape signe le concordat de Fontainebleau. Il est libéré en janvier 1814, quand l'Empire commence à s'effondrer.
Le 6 avril 1814, Napoléon signe son abdication dans le salon qui porte depuis ce jour le nom de salon de l'Abdication. Quatorze jours plus tard, le 20 avril, il descend l'escalier en Fer-à-cheval, le même qu'il avait gravi pour la première fois dix ans plus tôt, pour les Adieux à la Garde. Les grenadiers pleurent. Il embrasse le drapeau et monte en voiture vers l'île d'Elbe.
La salle du Trône de Fontainebleau est aujourd'hui la seule salle du trône napoléonienne encore existante en France, avec son mobilier d'origine intact.
Huit siècles de pouvoir tiennent dans mille cinq cents pièces, au bord d'une forêt.
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