
Château
Château de La Mothe Chandeniers
Vienne, Nouvelle-Aquitaine
À propos de ce lieu
Tous les éléments en main. Les angles forts :
La plus grande copropriété du monde 37 000 co-châtelains de 183 pays ont acheté collectivement ce château en ruine en 2017. La campagne a levé 1,6 million d'euros en 40 jours.
L'incendie du 13 mars 1932, le baron venait juste de faire installer le chauffage central. L'installation défectueuse embrase tout. Tapisseries, tableaux, bibliothèque. 85 ans d'abandon suivent.
François de Rochechouart, exilé pour avoir pris parti dans la Fronde en 1655, transforme le château délabré en résidence somptueuse, statues de marbre, théâtre, pyramide dans les jardins. Se ruine. Abandon du domaine à ses créanciers en 1668. Son faste donne son nom définitif au château.
Entouré d'eau comme Azay-le-Rideau, le château trône sur un îlot.
La nature a repris possession des ruines, arbres dans la salle de bal, mousse sur les murs, oiseaux là où n'est plus le toit.
Lien avec Richelieu : une petite-fille de Rochechouart épouse Louis de Richelieu du Plessis, ancêtre direct du cardinal de Richelieu.
Un château posé sur l'eau, entouré de fossés, dont les salons n'ont plus de toits depuis quatre-vingt-cinq ans, et pourtant, c'est lui qui appartient aujourd'hui à trente mille personnes de cent quinze pays. Le plus grand nombre de propriétaires qu'une seule demeure ait jamais connu.
L'histoire commence au XIIIe siècle, dans le nord de la Vienne. Les Bauçay tiennent une forteresse au bord de l'Aube. Le château passe de mains en mains à travers la guerre de Cent Ans, les héritages, les alliances matrimoniales. En 1655, François de Rochechouart, marquis de Chandeniers, tombe en disgrâce à la cour de Louis XIV pour sa participation supposée à la Fronde. Exilé dans le Loudunais, il s'installe dans ce château délabré et le transforme en résidence royale, statues de marbre, théâtre, pyramide dans les jardins, chevaux de race, bibliothèque. Un poète témoigne en 1657 de "partout la richesse, le luxe et le goût qui offrent une splendeur véritablement royale". François ne peut maintenir ce train de vie. En 1668, il abandonne le domaine à ses créanciers. Son faste lui a au moins valu d'immortaliser son nom dans la pierre.
Au XIXe siècle, le château est entièrement reconstruit en style néogothique, entouré d'eau comme Azay-le-Rideau. Des réceptions somptueuses s'y donnent. Le 13 mars 1932, le baron venait juste de faire installer le chauffage central. L'installation prend feu un dimanche. Les pompiers de toute la région convergent. Trop tard. Tapisseries, tableaux, bibliothèque, tout brûle. Les murs tiennent. La charpente s'effondre. Les toitures disparaissent.
La nature entre. Lentement, méthodiquement. Les arbres poussent dans la salle de bal. La mousse grimpe les fenêtres. Les oiseaux nichent dans les caves. Pendant quatre-vingt-cinq ans, les propriétaires successifs regardent les ruines se désintégrer sans pouvoir, ni vouloir, les arrêter. Le château devient un secret de photographes, un lieu que l'on visite à la tombée du soir sans autorisation.
En octobre 2017, une startup française lance une campagne de crowdfunding pour acheter les murs. En quarante jours, un million six cent mille euros sont réunis. Dix-huit mille personnes de cent quinze pays sont actionnaires. Aujourd'hui, ils sont trente mille. La plus grande copropriété du monde entière se reconstruit pierre à pierre, week-end après week-end, grâce à des chantiers de bénévoles qui arrivent de partout.
Dans les salons ouverts au ciel, les arbres grandissent toujours. Pour combien de temps encore, personne ne sait.
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