Château de la Roche-Jagu
ChâteauCoup de cœur

Château de la Roche-Jagu

Côtes-d'Armor, Bretagne

Château du XVe siècle surplombant le Trieux

À propos de ce lieu

Le duc de Bretagne Jean V a imposé une seule condition à Catherine de Troguindy pour autoriser la reconstruction de son château en 1405 : qu'il puisse toujours y entrer librement, sans empêchement. Une veuve reconstruisait sa forteresse en ruines, et le duc voulait s'assurer qu'elle resterait sous son regard. La Roche-Jagu est née de cette négociation. Le site sur lequel s'élève le château surplombe à soixante mètres de hauteur un méandre profond du Trieux, là où la rivière commence à sentir le sel et où ses eaux se mêlent à celles du Leff avant de filer vers la mer. C'est un verrou naturel. Au XIe siècle, un dénommé Jagu, peut-être le seigneur du lieu, peut-être une figure plus ancienne, y fait construire une motte castrale. Progressivement transformée en forteresse de pierre, elle commande un réseau de dix fortifications échelonnées entre Pontrieux et l'archipel de Bréhat, protégeant la voie fluviale qui dessert le pays de Guingamp. Selon les historiens, le site a peut-être vu défiler en 936 les guerriers d'Alain Barbe-Torte remontant les marais de Plourivo pour chasser les Normands, aucun texte ne le confirme, mais la géographie le rend plausible. La guerre de Succession de Bretagne entre 1341 et 1365 ravage la région. La forteresse est démolie. La Roche-Jagu reste en ruines pendant quatre décennies. Catherine de Troguindy, veuve de Maurice du Parc, chevalier de la haute noblesse, obtient enfin en 1405 l'autorisation ducale. Le chantier commence. La dendrochronologie le confirme : les chênes utilisés pour les charpentes, les planchers et le chemin de ronde ont été abattus entre 1406 et 1410. Le château s'élève en quatre ans. En 1407, pendant les travaux, Marguerite de Clisson fait séquestrer les ouvriers, Jean V doit intervenir personnellement pour les faire libérer. Le résultat est une architecture à double visage. Côté Trieux, la façade défensive, chemin de ronde couvert, mâchicoulis, meurtrières, murs aveugles qui dominent le fleuve. Côté cour, la façade seigneuriale, fenêtres à meneaux sculptées, décors gothiques flamboyants dans la chambre seigneuriale, chapelle avec ses hagioscopes à claire-voie. Et dix-neuf souches de cheminées octogonales coiffant la toiture, enduites et ornées de motifs géométriques en ardoise, une signature singulière, visible de loin sur la rivière, qui dit à tous les bateliers que quelqu'un d'important vit là-haut. La seigneurie devient baronnie en 1487. Elle change de mains à travers les siècles, Péan, Acigné, Richelieu, Kerjégu. Personne ne s'y installe vraiment après la mort du dernier seigneur Acigné. Le château reste habité par des fermiers, presque intact, presque oublié, pendant trois siècles. En 1958, le vicomte d'Alès le lègue au département. La forêt autour sera dévastée par la tempête de 1987, et le parc de soixante-quatre hectares qui la remplace fut entièrement repensé. Le Trieux coule toujours en dessous, salé et silencieux.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

Domaine départemental de la Roche Jagu 22260 Ploëzal

Horaires

Château : du 8 mai au 30 juin, tous les jours (10h-12h / 14h-18h) sauf mercredi matin. Juillet-août : tous les jours (10h-12h30 / 14h-19h). Parc en accès libre toute l'année.

Tarifs

Plein tarif : 6,50 € / Réduit (7-18 ans) : 4,50 € / Famille : 15 €

Exploré le

12 août 2025