
Château
Château de Montségur
Ariège, Occitanie
À propos de ce lieu
Sur un piton rocheux à mille deux cents mètres d'altitude, dans l'Ariège, une forteresse en ruine surplombe un champ qu'on appelle encore aujourd'hui le Champ des Brûlés.
En 1204, l'évêque cathare de Mirepoix demande au seigneur du lieu, Raymond de Péreille, de reconstruire le château. L'Église de Rome commence à se retourner contre eux, et les Bons Hommes, les Parfaits, pressentent ce qui vient. Montségur devient un refuge. Lentement d'abord, puis massivement après le traité de Meaux-Paris en 1229 qui livre le Languedoc à la couronne de France : cinq cents personnes finissent par s'entasser sur le pog — Parfaits, soldats, familles de seigneurs dépossédés. En 1232, l'évêque cathare Guilhabert de Castres demande à Péreille d'en faire le siège et la tête de l'Église albigeoise. Montségur devient la capitale d'une foi traquée.
En mai 1243, une armée royale de dix mille hommes encercle le château. La garnison compte soixante-dix soldats. Le siège dure dix mois. En hiver, grâce à la trahison de montagnards connaissant les chemins, les croisés s'emparent du Roc de la Tour, poste avancé réputé imprenable. Un trébuchet est hissé. La barbacane tombe en février. Le 1er mars 1244, les négociations commencent. Une trêve de quinze jours est accordée. La vie sera sauve pour qui abjurera. Les Parfaits auront le choix.
Ce qui se passe pendant ces quinze jours reste le cœur du mystère. Vers Noël 1243, déjà, deux hommes avaient quitté le château de nuit, passant entre les lignes ennemies, emportant de l'or, de l'argent et la monnaie de l'Église cathare. Ils disparaissent dans une grotte du Sabarthès. La nuit précédant la reddition, quatre autres hommes s'évadent — avec des parchemins et ce qui restait du trésor. Deux d'entre eux réapparaissent plus tard en Italie. Ce qu'ils portaient n'a jamais été retrouvé.
Le 16 mars 1244, les Parfaits sortent. Plus de deux cents refusent d'abjurer. Parmi eux la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille. Ils sont conduits au pied de la montagne, enfermés dans un enclos de fagots, et on met le feu. Il fut rapporté que certains chantaient.
Six cent quatre-vingt-quinze ans plus tard, en 1939, des soldats SS envoyés par Himmler fouillèrent le site à la recherche du Graal. Ils ne trouvèrent rien.
La stèle au bas du pog porte une inscription en occitan : Als catars, als martirs del pur amor crestian.
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