Château de Quéribus
Château

Château de Quéribus

Aude, Occitanie

À propos de ce lieu

Sur un piton de calcaire à sept cent vingt-huit mètres d'altitude, perdu dans les Corbières entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales, un château tient debout depuis mille ans parce qu'il a résisté à tout — sauf à un ami. Le nom apparaît pour la première fois en 1020 dans le testament du comte de Besalú. Querbucio — le rocher des buis. La forteresse passe de main en main : comté de Barcelone, couronne d'Aragon, vicomté de Fenouillèdes. Quand la croisade des Albigeois ravage le Languedoc à partir de 1209, Quéribus reste hors d'atteinte. Trop haut, trop difficile d'accès, trop bien protégé par ses alliances aragonaises. Le château devient ce que les châteaux inaccessibles deviennent toujours en temps de persécution : un refuge. Benoît de Termes, diacre cathare du Razès, s'y réfugie après 1229 et y meurt en 1241. Les Parfaits y trouvent un abri pendant que Montségur brûle en 1244 et que le Languedoc bascule dans le royaume de France. Onze ans après Montségur, Quéribus tient encore. Dernier bastion. Dernier nom sur la liste. C'est Chabert de Barbaira qui défend le château — un chevalier faydit, dépossédé, surnommé le lion de combat. Il a combattu aux côtés de Raimond Trencavel pour reprendre Carcassonne en 1240. Il a soutenu la révolte de 1242. Il a protégé les cathares en fuite depuis des années. Louis IX, de retour de croisade en Terre sainte, charge en 1254 son sénéchal de prendre Quéribus. Le siège commence. Il est difficile, coûteux, sans résultat. Alors Olivier de Termes intervient — un ancien compagnon d'armes de Chabert, passé depuis dans le camp royal. Il tend un piège à son ami près de Carcassonne. Chabert est arrêté. De sa prison, il négocie : sa liberté contre les clés du château. En mai 1255, Quéribus se rend. Pas par les armes. Par trahison. Le roi de France reçoit la forteresse, la renforce, en fait une vigie sur la frontière aragonaise. Puis, en 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière au sud des Corbières, à quelques kilomètres du château. Quéribus change de fonction sans changer de place. En 1659, le traité des Pyrénées reporte la frontière jusqu'aux Pyrénées. Quéribus n'est plus une frontière. Il commence à se délabrer. Il reste debout. Dans la salle du pilier, au cœur du donjon, quatre croisées d'ogives contrebutent un pilier central légèrement décentré vers le sud-est. Un historien a calculé, fenêtre par fenêtre, les jours de l'année où le soleil vient frapper ce pilier : Quéribus fonctionnerait comme une horloge astronomique et zodiacale. Personne ne sait si c'était voulu, ni par qui. La légende en a fait une cache du Graal. L'histoire en a fait la dernière citadelle d'une foi.

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Informations pratiques

Localisation

11350 Cucugnan