Château des Ducs de Bretagne
Château

Château des Ducs de Bretagne

Loire-Atlantique, Pays de la Loire

À propos de ce lieu

En 1598, Henri IV entre dans Nantes, contemple ce château depuis le quai, et lâche cette phrase restée dans les mémoires : « Ventre Saint-Gris ! Ces ducs de Bretagne n'étaient pas de petits compagnons. » Quelques jours plus tard, il signe dans ses murs l'Édit de Nantes, mettant fin à quarante ans de guerres de Religion. Un texte qui change la France. Rédigé secrètement, selon les chroniques, pour ne pas froisser les catholiques nantais. Tout dans ce château parle de double jeu. Deux faces, deux langages. Côté ville, sept tours massives de granit et de schiste reliées par cinq cents mètres de chemin de ronde : une forteresse. Côté cour, des façades de tuffeau blanc ciselées de loggias, de blasons sculptés, de monogrammes royaux : un palais. C'est voulu. C'est la signature de François II, dernier duc de la Bretagne indépendante, qui lance le chantier en 1466 avec une idée précise en tête — tenir le roi de France à distance tout en vivant comme lui. Il n'achèvera jamais son œuvre. Vaincu à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488, il meurt d'une chute de cheval quelques semaines plus tard. La couronne passe à sa fille, Anne, onze ans. C'est elle qui finit le château — entre deux mariages forcés avec les rois de France. Deux rois successifs. Charles VIII d'abord, Louis XII ensuite. Anne de Bretagne, deux fois reine, reste duchesse jusqu'au bout. Elle fait graver son monogramme sur les lucarnes du Grand Logis, ajoute des loggias d'inspiration italienne au sommet de la tour de la Couronne d'Or. La Renaissance entre en Bretagne par ces fenêtres-là. Elle mourra à Blois en 1514, sans jamais avoir pu défendre ce qu'elle avait reçu en héritage. En 1532, François Ier signe ici même l'édit d'union perpétuelle de la Bretagne au royaume de France. Il fait apposer ses initiales sur la courtine de la Loire. Le château change de nature. Ce n'est plus la résidence d'un prince souverain — c'est la résidence bretonne des rois de France. Puis une prison d'État. Le cardinal de Retz y est enfermé, et s'en échappe en 1654. Nicolas Fouquet y est arrêté en 1661 par d'Artagnan lui-même, sur ordre de Louis XIV. Puis vient le déclin militaire, la caserne, l'arsenal. Et le 25 mai 1800, l'explosion : la tour des Espagnols, transformée en poudrière, saute. Soixante morts. Une bonne part du Grand Gouvernement s'effondre. Le château survivra à tout ça. Classé en 1862, vendu à la ville en 1915, restauré pendant quinze ans et rouvert en 2007. Les douves sont là, les remparts aussi, et les façades blanches d'Anne de Bretagne brillent encore dans la cour. Six siècles de pouvoir, dans un seul lieu. Et les murs qui n'ont rien oublié.

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Informations pratiques

Localisation

Loire-Atlantique, Pays de la Loire