Dolmens de Kerbourg
Site archéologique

Dolmens de Kerbourg

Loire-Atlantique, Pays de la Loire

À propos de ce lieu

Entre Saint-Lyphard et Guérande, à mi-chemin entre les marais de Brière et les salines, un couloir de pierre granite attend au bord d'un champ depuis six mille ans. Ce dolmen n'est pas célèbre. Il n'y a pas de foule, pas de billetterie, pas de gardien. Juste quatre tables de granit posées sur des orthostates, et le silence du bocage brièron. Vers 4500 à 4000 avant notre ère, des hommes du Néolithique ancien ou moyen choisissent la petite colline de Kerbourg pour y construire une tombe collective. À cette époque, la presqu'île guérandaise est un territoire dense de monuments funéraires, non loin, le tumulus de Dissignac à Saint-Nazaire s'élève avec la même logique de chambre à couloir, le même calcul de lumière au solstice, la même mémoire collective dans la pierre. Kerbourg appartient à cette constellation de lieux sacrés qui parsème le littoral atlantique. Le premier dolmen, sept mètres de long, trois de large, est un couloir en forme de P débouchant sur une chambre en poire. L'entrée est orientée au sud-est. La hauteur de l'accès ne dépasse pas quarante centimètres : on entre en rampant dans la demeure des morts. À l'origine, tout cela était invisible. Un cairn de pierres sèches empilées en gradins recouvrait l'ensemble, probablement similaire à Gavrinis toute proche dans le Morbihan, un monument fermé, opaque, dont seul l'initié connaissait l'entrée. Ce cairn a servi de carrière de pierres pendant des siècles pour les constructions environnantes. Les paysans prenaient ce dont ils avaient besoin. Le reste fut arasé lors du grand défrichement des landes de 1874-1876 : les ouvriers qui travaillaient la terre mettent à jour deux dolmens que personne n'avait vus depuis des millénaires. En avril 1879, le révérend anglais William Collings Lukis fouille le site. Il est passé par Carnac et par d'autres monuments bretons, c'est un spécialiste. Il recueille des haches polies, des fragments de poterie. Mais ses notes ne seront jamais publiées. Les objets qu'il a extraits du sol se trouvent aujourd'hui au British Museum à Londres, et les gravures de ses fouilles à Jersey. Ce que nous savons du dolmen de Kerbourg vient donc presque entièrement de comparaisons avec d'autres monuments. Les tombes avaient été vidées lors du Campaniforme, entre 2500 et 1500 avant notre ère, d'autres habitants de ce territoire, plus tardifs, avaient déjà ouvert les chambres. Les Romains vinrent ensuite et pillèrent ce qu'il restait. À soixante-dix mètres au sud, le second dolmen est effondré. Cinq piliers tiennent encore debout autour d'une chambre ouverte. Une dalle gît au sol, marquée d'une cupule. C'est tout. À proximité, de l'autre côté de la route, un menhir de quartz blanc de deux mètres se dresse dans un champ semé de fragments de tuiles gallo-romaines — les Romains avaient redressé ou déplacé la pierre, preuve que le lieu avait encore quelque chose à signifier pour eux. La légende locale dit que les deux dolmens sont reliés par un souterrain peuplé de korrigans gardant l'or des Druides. Les korrigans ont peut-être raison de garder le secret.

Tags

monument historiquedolmennéolithique

Informations pratiques

Localisation

601 La Masse, 44410 Saint-Lyphard