L'abbaye Notre-Dame de Paimpont
Abbaye

L'abbaye Notre-Dame de Paimpont

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

Dans la sacristie de l'abbaye de Paimpont, un bras d'argent repose sous verre. C'est un reliquaire du XVe siècle. À l'intérieur, selon la tradition, se trouve un os du bras de Judicaël, roi de Bretagne, moine, fondateur, canonisé. Ce reliquaire fut offert par François II, duc de Bretagne, et son épouse Marguerite de Foix, parents de la duchesse Anne. La pieuse donation d'un couple ducal pour l'os d'un roi du VIIe siècle, conservé dans une abbaye perdue au cœur de Brocéliande. La légende de l'abbaye commence vers 630. Judicaël, roi de Domnonée, quitte son trône pour une vie monastique auprès de son ami Méen, le futur saint Méen le Grand, à l'abbaye de Saint-Jean-de-Gaël. Selon la tradition, il fonde avant de mourir un prieuré dédié à Notre-Dame au bord d'un étang dans la forêt de Brocéliande, sur le site de l'actuelle Paimpont. Le bâtiment est rasé au IXe siècle par les Normands. Un deuxième prieuré s'élève après les dévastations, dépendant de l'abbaye de Saint-Méen, dont il reste les murs les plus anciens dans la façade ouest actuelle. Au XIIIe siècle, l'évêché de Saint-Malo juge le monachisme bénédictin trop éloigné de l'idéal de pauvreté et transfère l'établissement aux chanoines réguliers de saint Augustin. Ce changement d'ordre n'est pas qu'un détail liturgique, il permet aux chanoines augustins de mener simultanément une vie conventuelle et une vie paroissiale, assurant ainsi le contrôle religieux des populations forestières et de leurs ermites. La forêt de Brocéliande était alors peuplée de solitaires. Certains d'entre eux avaient été accusés d'hérésie, comme Éon de l'Étoile, mystique errant qui se prétendait fils de Dieu et avait soulevé des foules dans la forêt quelques décennies plus tôt. L'abbaye réglementaire remplace le mysticisme sauvage. L'abbatiale que l'on voit aujourd'hui date du XIIIe siècle. Son portail à deux entrées géminées, avec une Vierge en trumeau marchant sur le démon, compte parmi les rares portails gothiques de cette époque conservés en Bretagne. La nef à vaisseau unique porte une voûte lambrissée qui évoque une coque de bateau renversée, charpente posée au XVe siècle par l'abbé Olivier Guiho, qui gouverna l'abbaye de 1407 à 1452. Lors de la restauration de 2001, le grattage des voûtes fit apparaître des fresques du XVe siècle que personne ne soupçonnait. Les statues du portail, elles, furent décapitées en 1790, non par les révolutionnaires de Paimpont, mais par des paysans venus de Bruc-sur-Aff détruire les archives d'un prieuré voisin dépendant de l'abbaye. En 1798, un maréchal de Rennes racheta et emporta les belles balustrades de fer forgé du chœur. L'abbaye fut vendue comme bien national en 1790. Les chanoines partirent. La mairie prit ses quartiers dans le grand logis abbatial. La paroisse conserva l'église. L'abbaye existe encore, les pieds dans l'étang, les épaules dans la forêt. Brocéliande a toujours su garder ses secrets au bord de l'eau.

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Informations pratiques

Localisation

3 Esp. de Brocéliande, 35380 Paimpont