
Château
Manoir La Ville Durand
Côtes d'Armor, Bretagne
À propos de ce lieu
Une légende dit qu'un souterrain relie le manoir à la mer. Personne ne l'a trouvé. Mais depuis 1345, La Ville Durand garde ses secrets avec une constance qui ressemble à une réponse.
Le manoir s'élève dans la campagne de Binic-Étables-sur-Mer, entre Saint-Brieuc et Paimpol, à quelques minutes à peine des plages de la baie. De loin, les deux tours circulaires qui flanquent le corps de logis lui donnent une allure de château, et les anciens l'appelaient ainsi. La cour carrée entourée de bâtiments, les murs de granit et de schiste, le portail à archivolte en accolade : tout ici parle d'une maison noble qui a tenu son rang pendant sept siècles.
Le document le plus ancien mentionne une chapelle Saint-Jacques dès 1345, à l'époque où les pèlerins traversaient la Bretagne par milliers en route vers Compostelle, et où ce coin du Goëlo vivait au rythme des seigneuries, des moulins et des métairies. Le manoir possédait alors terres, moulin à eau, moulin à vent, colombier, attributs d'une maison qui comptait dans la paroisse. La tour gauche, isolée sur les cadastres anciens, aurait servi entièrement de colombier : les niches creusées dans la pierre en témoignent encore.
À l'intérieur, le temps s'est arrêté dans la matière. Les larges poutres de plancher sont taillées dans un chêne estimé à près de neuf cents ans. La cheminée monumentale de la salle à manger domine une des pièces les plus anciennes de la demeure. De l'autre côté du mur, l'ancienne cuisine a été réinventée en fumoir de gentleman. À l'étage, une arche de pierre marque l'entrée de l'escalier à vis de la tour droite ses arêtes lissées par des générations de mains. Une lucarne Renaissance, ajoutée lors d'un rehaussement ultérieur, rappelle que le manoir s'est construit par couches, siècle après siècle, jusqu'à sa configuration actuelle : une aile du XIXe vient fermer définitivement la cour, lui donnant ce visage clos et apaisé qu'il porte aujourd'hui.
La chapelle Saint-Jacques veille encore à l'entrée du domaine. Le souterrain, lui, reste introuvable.
Restauré avec soin, habité et vivant, La Ville-Durand n'est pas un monument à visiter mais une maison à habiter, le temps d'un séjour entre campagne bretonne et embruns. Les tours, les poutres, la pierre et le jardin clos font le reste.
Sept siècles d'histoires attendent, à quelques minutes de la mer.
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