Menhir de Kerloas
Site archéologique

Menhir de Kerloas

Finistère, Bretagne

À propos de ce lieu

À 9 mètres et demi du sol, le granite de Kerloas domine la lande de Plouarzel depuis cinq mille ans. C'est le plus haut menhir encore debout en Europe. Mais il était plus grand. Au XVIIe ou XVIIIe siècle, la foudre a tranché le sommet. Les morceaux tombés sur l'herbe ont été récupérés par un paysan, l'un est devenu une auge de ferme, l'autre sert encore de pierre d'entrée d'un champ. On a mis cent à cent cinquante tonnes de granite rose debout il y a cinq millénaires. La roche vient d'affleurements situés à au moins deux kilomètres de là, au bord de l'Aber-Ildut. C'est la même pierre qui, au XIXe siècle, a servi à construire des phares et des bâtiments publics, et en 1835, à former le socle de l'obélisque de Louxor à Paris. Le menhir des Néolithiques de Plouarzel porte la même roche que la place de la Concorde. Ce qui distingue Kerloas de tous les autres menhirs connus, ce sont deux bosses. À un mètre du sol exactement, sur deux faces opposées, deux protubérances hémisphériques d'une trentaine de centimètres de diamètre ont été taillées de main d'homme. Leur fonction reste inconnue. Une hypothèse technique : elles auraient servi à bloquer les cordages lors du transport. Une hypothèse symbolique : elles représentent la virilité d'un monument marquant le pouvoir d'un clan. Une hypothèse rituelle, plus étrange encore : elles auraient été façonnées pour être frottées. En 1805, l'écrivain Jacques Cambry note le rite. En 1832, le Chevalier de Fréminville le confirme avec précision : les nouveaux mariés viennent la nuit, se dépouillent en partie de leurs vêtements, et se frottent le ventre nu contre les bosses, chacun la sienne. L'homme espère des fils. La femme espère gouverner son mari. La pierre usée et polie à hauteur de ceinture témoigne que la pratique ne date pas d'hier. En 1911, un archéologue signale que des malades venaient aussi secrètement se frotter aux bosses, en quête de guérison. Depuis la nuit des temps, Kerloas guérit, féconde, gouverne. La pierre est visible à trente kilomètres à la ronde. Les navigateurs la cherchaient des yeux en revenant de mer. Des fouilles de 1961 ont mis au jour des tessons de l'Âge du Bronze entre les pierres de calage, certains y voient le lien avec le gisement de cassitérite de Saint-Renan, tout proche. Un menhir-repère pour les marchands d'étain, autant que pour les marins. Sur la face ouest, une constellation de cupules creusées dans le granite attend toujours d'être interprétée.

Tags

menhirarchéologienéolithique

Informations pratiques

Localisation

29810 Plouarzel