Pierre Levée de la Vente
Site archéologique

Pierre Levée de la Vente

Orne, Normandie

À propos de ce lieu

Des sondages réalisés autour du menhir au XIXe siècle ont mis au jour une quantité considérable de crânes de loups enfouis à sa base. Pas des ossements humains, comme on pourrait s'y attendre autour d'un monument funéraire. Des crânes de loups. La pratique est ancienne, attestée sur plusieurs sites mégalithiques de l'Orne et du Perche, une offrande animale répétée siècle après siècle, peut-être jusqu'au Moyen Âge, par des populations qui continuaient à vénérer la pierre sans plus savoir pourquoi. Le culte avait survécu à la mémoire du culte. La Pierre Levée de la Vente se dresse à Silly-en-Gouffern, à deux cent vingt-neuf mètres d'altitude sur un plateau de la Normandie ornaise, entre Argentan et les forêts du Gouffern. C'est un monolithe de grès rougeâtre de cinq mètres cinquante de hauteur, l'une des plus hautes pierres levées du département, et de quatre mètres soixante de largeur à la base. Le calcul de masse suggère un bloc de plusieurs dizaines de tonnes, arraché d'un affleurement rocheux voisin et dressé à cet endroit précis par des mains qui ne nous ont laissé aucun autre document sur leurs intentions. La surface du menhir présente des cavités rondes, irrégulières, distribuées sur plusieurs faces et particulièrement visibles au sommet. L'analyse a confirmé leur origine naturelle, érosion différentielle du grès selon la dureté des inclusions minérales. Mais la légende locale avait trouvé une autre explication, antérieure à toute géologie : ces creux sont les empreintes de doigts de fées. De là le second nom du monument, la Pierre aux Fées de Gouffern. On y croyait que les fées enlevaient les enfants des mortels, et que cette pierre en était le signe visible. À proximité immédiate se trouvent des blocs de grès épars que les archéologues du XIXe siècle ont interprétés comme les vestiges d'un dolmen imposant érigé autour du menhir. Si l'hypothèse est juste, la Pierre Levée n'était pas solitaire à l'origine, elle était le centre d'un ensemble funéraire plus vaste, aujourd'hui démembré par les siècles, les défrichements et les extractions de matériaux. Il ne resterait plus du complexe que la pièce maîtresse, debout, et les crânes de loups dans la terre. Le classement monument historique remonte à 1889, l'une des premières listes de classement en France. La pierre était connue, inventoriée, protégée avant la plupart des châteaux de la région. Les blocs autour d'elle ont cessé de parler depuis longtemps. Elle, non.

Tags

légendemenhirmonument historique

Informations pratiques

Localisation

61310 Gouffern en Auge