Menhir du Camp de César
Site archéologique

Menhir du Camp de César

Vendée, Bretagne

À propos de ce lieu

Il se dresse dans le jardin de la mairie d'Avrillé, au milieu des pelouses tondues et des voitures garées, comme si personne ne savait vraiment quoi faire d'un bloc de granite de quatre-vingt-cinq tonnes posé là depuis six mille ans. Le menhir du Camp de César est le plus haut de Vendée. Huit mètres soixante-dix. Le sol n'en cache qu'un mètre soixante-dix. Quelqu'un l'a voulu ainsi, précisément. Au Néolithique, la commune d'Avrillé est un territoire saturé de pierres levées. Des alignements, des menhirs isolés, des triangles de monolithes — plus d'une centaine de mégalithes recensés sur quelques kilomètres carrés, au point que les préhistoriens parlent aujourd'hui du « Carnac vendéen ». Le granite utilisé vient des affleurements locaux. On l'a extrait en enfonçant des coins de bois dans les fissures naturelles de la roche, puis en les humidifiant pour les faire gonfler. Les encoches d'extraction sont encore visibles sur le bloc. Ceux qui ont dressé cette pierre savaient exactement ce qu'ils faisaient. Et il fallait environ six cents hommes pour déplacer et redresser un monolithe de ce poids. Six cents hommes. Ce n'est pas un rite marginal. C'est la mobilisation d'une communauté entière. Le menhir ne fut pas toujours seul. En 1762, l'érudit Caylus le décrit comme appartenant à un groupe de trois blocs dressés en triangle, si marquants qu'ils avaient donné leur nom à l'auberge voisine — l'Auberge des Trois Piliers, à l'emplacement exact de l'actuelle mairie. Les trois pierres étaient taillées dans la même roche. En 1823, deux d'entre elles furent abattues pour construire une grande maison bourgeoise. Le quatrième menhir, signalé à soixante mètres au sud, disparaît des archives en 1826. Il ne reste donc que lui. Le survivant. Son nom actuel vient d'une confusion du XVIIIe siècle. Un érudit local affirme en 1780 que le menhir a été érigé par les Romains pour guider la flotte de César le long du littoral vendéen. La théorie est absurde — César est passé deux millénaires après le Néolithique — mais le nom est resté. Camp de César. L'histoire préfère parfois les erreurs aux vérités. C'est Georges Clemenceau qui, lors d'un dîner chez ses amis Gillaizeau — propriétaires du domaine devenu mairie — aurait demandé à son hôte à quelle profondeur était enfoncée la pierre. Personne ne le savait. Des métayers creusèrent une tranchée pour le déterminer. On découvrit que le monolithe plongeait à plus d'un mètre soixante-dix dans le sol, enraciné comme un arbre. Classé Monument Historique en 1889. Aujourd'hui, des enfants mangent des sandwichs à ses pieds le midi. Des retraités passent devant sans lever les yeux. Et lui, il regarde le ciel depuis l'époque où personne ici ne savait encore ce qu'était une ville.

Informations pratiques

Localisation

85440 Avrillé