
Château
Parc naturel régional Périgord-Limousin
Dordogne / Haute-Vienne, Bretagne
À propos de ce lieu
Il y a deux cents millions d'années, avant les dinosaures et avant les Alpes, un astéroïde d'un kilomètre et demi percutait ce qui allait devenir le Limousin à soixante-douze mille kilomètres par heure. L'explosion libérait une énergie quatorze millions de fois supérieure à une bombe atomique. Toute vie était détruite dans un rayon de deux cents kilomètres. La météorite elle-même disparaissait — vaporisée en fines particules de fer, de nickel et de chrome, retombées au fond du cratère. Il ne restait que des roches fracturées, fondues, recomposées, que les géologues appellent depuis le XIXe siècle les « brèches de Rochechouart ». C'est sur ce sol cosmique que le Parc naturel régional Périgord-Limousin a été créé en 1998.
Le territoire s'étend sur près de mille neuf cents kilomètres carrés entre Périgueux, Limoges et Angoulême, à cheval sur la Dordogne et la Haute-Vienne. Deux géologies s'y affrontent et s'y marient : le calcaire du Périgord au sud, le granit et les gneiss du Limousin au nord. Entre les deux, des vallons humides, des bocages, des tourbières, des étangs que rien n'annonce depuis la route. Trois bassins hydrographiques se partagent les eaux du parc — la Charente, la Dordogne, la Loire — et leurs rivières, la Dronne, la Tardoire, la Côle, ont taillé des gorges boisées où vit encore la loutre.
Les hommes ont tôt compris la valeur de la roche née de l'impact. Les thermes gallo-romains de Chassenon, construits au Ier siècle, utilisaient déjà les impactites comme matériau. Les murs du château médiéval de Rochechouart sont bâtis dans cette même pierre mêlée, étrange, aux éclats vitrifiés — et ses habitants ont mis des siècles à comprendre d'où elle venait. Ce n'est qu'en 1969 qu'un géologue français, François Kraut, révèle officiellement l'origine cosmique de ces brèches. Les pierres des maisons, des églises, des murets de campagne portaient en silence la mémoire d'une catastrophe planétaire.
Le parc garde d'autres couches de temps. Les forges et filatures du fond des vallées, qui tournaient à la force des rivières du XVe siècle aux années 1980. Le couteau de Nontron, le plus ancien couteau de France, fabriqué ici sans interruption depuis le XVe siècle. Les landes à bruyère ciliée, habitat rare d'intérêt européen, que le vent plie avec la même régularité depuis l'ère glaciaire. Mille cent trois espèces animales et végétales inventoriées dans le parc — dont le vison d'Europe, fantôme brun des berges que l'on compte désormais en dizaines sur le continent.
Ici, le paysage n'est pas un décor. C'est une accumulation — cosmique, géologique, humaine — que chaque chemin commence à déplier.
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