
Site archéologique
Site Archéologique de Glanum
Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d'Azur
À propos de ce lieu
Il n'existe nulle part ailleurs dans l'Antiquité un dieu qui porte ce nom. Glan. Dieu des profondeurs, gardien d'une source qui ne se tarit jamais au fond d'un vallon des Alpilles, il est le seul à avoir donné son nom à une cité entière — Glanon, puis Glanum — sans laisser la moindre trace ailleurs dans le monde antique. Ici, et nulle part.
Vers le VIe siècle avant J.-C., les Salyens s'installent dans ce couloir naturel qui perce le massif des Alpilles d'un trait. Ils y trouvent la source, la consacrent à Glan et aux déesses-mères, et bâtissent autour d'elle. La cité prospère. Elle frappe sa propre monnaie en alphabet grec mais en langue celte — un document unique au monde. Au IIe siècle avant J.-C., des marchands et des intellectuels de Marseille colonisent une partie de la ville : on y trouve un bouleutérion, un prytanée, une agora, des maisons à péristyle. Glanum parle gaulois, pense grec, et vit de la réputation de son eau.
Les Romains arrivent et détruisent le centre grec pour en bâtir un autre, romain cette fois. Forum, basilique, curie, thermes. Mais ils conservent la source. Ils ne peuvent pas faire autrement — les pèlerins viennent de toute la Gaule pour s'y faire soigner. Agrippa, bras droit d'Auguste, futur constructeur du pont du Gard, vient faire traiter sa jambe ici. En remerciement, il fait élever un petit temple corinthien dédié à Valetudo, déesse de la santé. Son nom est encore gravé dans la pierre, à l'entrée du temple, deux mille ans après sa dédicace.
En 270, des envahisseurs germaniques saccagent la ville. Les habitants fuient vers le nord, prennent les pierres avec eux pour bâtir une nouvelle agglomération : Saint-Rémy-de-Provence. Glanum disparaît. Les alluvions des Alpilles l'ensevelissent progressivement sous huit mètres de terre. Seuls deux monuments trop grands pour être démontés restent debout à l'air libre, visibles depuis la route : un arc de triomphe et le cénotaphe de la famille des Julii. On les appelle les Antiques. On sait qu'il y avait quelque chose là, mais on ne sait plus quoi.
En 1889, un peintre néerlandais est interné à l'asile Saint-Paul-de-Mausole, tout contre les Antiques. Il réalise cent quarante-trois tableaux en un an depuis ce vallon, dont La Nuit étoilée. Il contemple de sa fenêtre les oliviers anciens qui couvrent la plaine. Sous ces oliviers, à quelques centimètres sous ses pieds : le forum, les thermes, les maisons à péristyle, la source de Glan. Il ne le sait pas. Les premières fouilles systématiques n'auront lieu que trente ans après sa mort.
La source coule encore.
Tags
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Informations pratiques
Localisation
Av. Vincent Van Gogh, 13210 Saint-Rémy-de-Provence


