
Site archéologique
Site des Mégalithes de Locmariaquer - Centre des monuments nationaux
Morbihan, Bretagne
À propos de ce lieu
Sur la dalle de plafond de la Table des Marchands, une gravure représente le train avant d'un bovidé. Elle est incomplète, la partie manquante se trouve à cinq kilomètres de là, sur l'île de Gavrinis, enchâssée dans un autre monument néolithique. Un troisième fragment du même animal gît dans le tumulus d'Er Grah, à quelques mètres. Cette dalle originelle plus grande a été brisée il y a six mille ans, ses morceaux dispersés et réemployés dans trois tombeaux différents. Les bâtisseurs néolithiques recyclaient les pierres sacrées. Ils découpaient les reliques.
Le site de Locmariaquer concentre trois monuments, le Grand Menhir Brisé, le tumulus d'Er Grah, la Table des Marchands, construits entre 4600 et 3800 avant notre ère sur une pointe de presqu'île ouverte sur le golfe du Morbihan.
Le Grand Menhir Brisé est aujourd'hui couché en quatre fragments qui s'étendent sur vingt mètres et pèsent ensemble près de trois cents tonnes. Debout, il mesurait vingt et un mètres, le plus grand mégalithe jamais dressé par une main humaine. La roche dont il est taillé, un orthogneiss particulier, ne se trouve pas à Locmariaquer : les gisements sont à dix kilomètres, de l'autre côté des eaux. Il a fallu extraire ce bloc, le transporter, le polir sur place avec des percuteurs de quartz après l'érection. Les archéologues ignorent encore comment trois cents tonnes ont pu être déplacées. Il faisait partie d'un alignement de dix-neuf stèles dont il ne reste que les emplacements au sol, les autres ont disparu, très probablement brisés et réutilisés comme matériaux dans d'autres monuments. La nuit du premier mai, selon une tradition très ancienne, les jeunes femmes venaient se glisser sur ses flancs pour s'assurer un mariage.
Le tumulus d'Er Grah est une sépulture individuelle longue de cent quarante mètres, la tombe d'un seul homme. Un homme d'une importance extraordinaire. Les fouilles de 1863 avaient livré une hache polie de jadéite longue de trente-cinq centimètres, plus d'une centaine d'autres haches, des pendeloques en variscite, un anneau en jadéite. Le sol acide a dissous les os. On ne sait pas qui était cet homme. Son identité est définitivement perdue.
La Table des Marchands doit son nom à une erreur, la déformation française d'un nom breton signifiant allée du cheval, ensuite mal transcrit et figé dans l'usage au XIXe siècle. C'est un dolmen à couloir fermé par une dalle de chevet en grès sculpté, la plus grande stèle gravée jamais découverte dans ce type de monument. La dalle, elle aussi, venait de loin. Elle aussi était autre chose avant d'être ceci.
En 1853, Paul Reveillère proposa sérieusement de transporter le Grand Menhir à Paris et de le redresser place de la Concorde pour l'Exposition universelle de 1900, comme signe de ralliement de tous les peuples celtes. Il ne fut pas suivi.
Les fragments sont toujours là, dans l'herbe, sous le ciel du golfe.
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