Tombeau du Géant
Site archéologique

Tombeau du Géant

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

Ce monument s'est appelé pendant des siècles la Roche à la Vieille, et dans le folklore breton, la vieille ne désigne pas une vieille femme mais une sorcière, parfois la Mort elle-même. Personne ne sait qui est venu lui donner un autre nom, ni à quelle date. Le glissement de la sorcière vers le géant dit quelque chose des peurs successives qui se sont déposées autour de ces pierres rouges. Le Tombeau du Géant surgit dans les landes de Brocéliande, à la lisière de la forêt de Paimpont, à l'exacte frontière entre Ille-et-Vilaine et Morbihan. Une croix en schiste très ancienne, la croix Lucas, marque l'intersection du coupe-feu qui sépare les deux départements, à quelques dizaines de mètres du monument. Elle commémore selon la tradition un combat entre deux seigneurs qui se disputaient le royaume de Bretagne en 875. Le passé s'accumule ici par couches, chacune ignorant ce qui est en dessous. Il y a cinq mille ans, quatre menhirs en schiste rouge se dressaient sur ce bout de lande, orientés nord-sud. Vers 2000 avant notre ère, à l'âge du Bronze, trois d'entre eux ont été abattus et réemployés comme dalles d'une tombe. Deux forment les parois latérales du coffre. Le troisième a servi de couverture. Le quatrième menhir gît toujours à huit mètres, couché parallèlement à l'axe du tombeau, ses deux fosses de calage encore visibles dans le sol. On l'a renversé, puis redressé, puis renversé encore, trois épisodes de manipulation à des époques différentes, traces d'une utilisation rituelle continue que les fouilles ont révélée mais pas entièrement expliquée. C'est Jacques Briard, préhistorien de Rennes, qui a fouillé le site durant l'été 1982. Il l'a identifié comme unique en Bretagne : nulle part ailleurs dans la péninsule on ne connaît un exemple aussi clair d'alignement néolithique démantlé et transformé en tombe de l'âge du Bronze. Huit objets seulement ont été retrouvés, un disque de schiste, des tessons de poterie, un grattoir en silex jaune. Une fouille clandestine vers 1920 avait déjà creusé le fond de la chambre de vingt centimètres. Ce que le tombeau contenait à l'origine a sans doute disparu depuis longtemps. En août 2022, un incendie détruit quatre cents hectares de la forêt de Paimpont à proximité. Plusieurs journaux annoncent par erreur la destruction du monument. Les pierres n'ont pas brûlé. Le schiste rouge de Brocéliande prend des couleurs étranges à certaines lumières, orange, brun, presque sang. La légende arthurienne a voulu que ce tombeau soit la sépulture d'un géant vaincu par les chevaliers de la Table ronde. Les pierres ne disent ni oui ni non.

Tags

menhirnaturemégalithe

Informations pratiques

Localisation

35380 Paimpont