Tumulus de Dissignac
Site archéologique

Tumulus de Dissignac

Loire-Atlantique, Pays de la Loire

À propos de ce lieu

À sept kilomètres des chantiers navals de Saint-Nazaire, posé sur une butte appelée la Bosse de la Prière, il y a une colline qui respire. De l'extérieur, rien qu'un tertre de pierres sèches, rond, discret, presque ordinaire. Mais les deux couloirs qui s'ouvrent dans sa façade sud-est savent exactement quand laissent entrer la lumière. Chaque solstice d'hiver, au lever du soleil, les rayons pénètrent exactement dans les chambres funéraires. Ce n'est pas un accident. C'est de l'architecture. Le tumulus de Dissignac est le plus ancien monument mégalithique de Loire-Atlantique. Il date d'environ 4500 avant notre ère — deux millénaires avant la première pyramide d'Égypte. Ceux qui l'ont bâti vivaient là, sur la côte atlantique, cultivaient des céréales, élevaient des troupeaux. Mais ils regardaient aussi vers le large. Vers les cétacés qui longeaient le rivage. La construction se fait en deux phases. D'abord deux dolmens accolés, chacun précédé d'un couloir de sept mètres. Puis l'édifice s'agrandit rapidement : les couloirs sont prolongés de quatre mètres, de nouvelles enceintes concentriques viennent ceinturer l'ensemble. Les dalles ne viennent pas du site même. Elles ont été transportées depuis les plages de Saint-Marc-sur-Mer et de Ville-ès-Martin — plusieurs tonnes, déplacées sur au moins quatre kilomètres. Dans la grande chambre, les constructeurs alternent dalles de granite et blocs d'amphibolite pour rompre la monotonie des parois. Ce souci d'esthétique, dans un tombeau de l'âge de la pierre, dit quelque chose d'essentiel sur ceux qui vivaient ici. Sur la dalle de couverture de la chambre principale, des motifs gravés par piquetage. Des crosses. Des haches triangulaires, identiques à celles du site de la Table des Marchands à Locmariaquer. Et une grande forme allongée, d'abord interprétée comme une hache-charrue, aujourd'hui relue différemment : un cachalot. Ces agriculteurs étaient aussi des marins, intimement liés à l'océan et à ses géants. Les bêtes qu'ils gravaient dans la pierre de leurs morts étaient celles qu'ils voyaient depuis le rivage. Le site est fouillé pour la première fois en 1873, expéditivement, sans qu'aucun matériel ne soit conservé. Les fouilles sérieuses arrivent dans les années 1970 sous la direction de Jean L'Helgouach. Elles révèlent que le tumulus fut utilisé de façon continue pendant près de deux millénaires, bien au-delà de sa fonction funéraire première. On y dépose des poteries, des pointes de flèches, des haches polies, des perles de mica blanc. Le lieu devient quelque chose de plus grand qu'une tombe. Il est classé Monument Historique depuis 1889. Aujourd'hui, il se visite en tout petit groupe, quelques semaines par an seulement. On s'accroupit pour entrer dans les couloirs. On touche presque les parois. Et au fond de la chambre, dans la pénombre, on est exactement là où quelqu'un a voulu que quelqu'un soit.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

Rte de Dissignac, 44600 Saint-Nazaire