Tumulus Saint-Michel
Site archéologique

Tumulus Saint-Michel

Morbihan, Bretagne

À propos de ce lieu

Au-dessus de Carnac, une colline domine la ville. Une colline qui n'en est pas une. Le tumulus Saint-Michel est une construction humaine de quarante mille mètres cubes, cent vingt-cinq mètres de long, soixante de large, dix de haut, élevée vers 4500 avant notre ère, dix-sept siècles avant les premières pyramides d'Égypte. Pendant des millénaires, personne n'a su ce que c'était. On a pris cette masse pour une colline naturelle, on y a bâti une chapelle au sommet, puis un calvaire, puis une table d'orientation. Les pèlerins montaient en procession sans se douter qu'ils marchaient sur une tombe. En 1862, des érudits de la Société polymathique du Morbihan obtiennent l'autorisation de fouiller. René Galles commence par l'extrémité orientale, rien. Il fore alors un puits vertical depuis le sommet même de la butte. La sonde descend. À plusieurs mètres de profondeur, elle heurte une dalle. Les fouilleurs dégagent : c'est un caveau central aux parois de maçonnerie sèche, mesurant deux mètres quarante sur un mètre quarante, pour moins d'un mètre de hauteur. Une chambre minuscule au cœur d'une montagne artificielle. Et dans cette chambre, sur un sol pavé, un mobilier funéraire d'une richesse stupéfiante. Onze grandes lames de haches polies en jadéite, certaines longues de trente-sept centimètres. Vingt-cinq haches en fibrolithe. Quatre-vingt-dix-sept perles discoïdes et dix pendeloques en variscite verte. Un collier de prestige qui ne ressemble à rien de breton. Parce qu'il n'est pas breton : les haches en jadéite viennent du Mont Viso, dans les Alpes italiennes. Les perles en variscite proviennent de deux gisements ibériques en Andalousie et dans la province de Zamora. Ces objets ont traversé des milliers de kilomètres pour finir dans cette petite chambre, au cœur d'une presqu'île atlantique, enfouis sous des dizaines de milliers de tonnes de pierres et de limon. Ce mort avait des relations dans toute l'Europe occidentale. De 1900 à 1907, l'archéologue Zacharie Le Rouzic reprend les fouilles et creuse des galeries maçonnées dans l'épaisseur du tumulus pour atteindre les structures annexes, vingt et un coffres de pierres disposés autour de la tombe centrale, un dolmen à couloir à l'extrémité orientale. Il fait consolider ces galeries pour les ouvrir au public. Pendant des décennies, des visiteurs pénètrent dans les entrailles de la butte. Puis les galeries sont fermées pour des raisons de sécurité. L'intérieur ne se visite plus. Il reste l'extérieur. La chapelle du XVIIe siècle au sommet, le calvaire du XVIe, la vue sur la baie de Quiberon et les îles du Ponant. Et cette sensation, en montant le long de la pente herbeuse, de marcher sur quelque chose de beaucoup plus ancien que tout ce qu'on voit. En juillet 2025, le site a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. La montagne artificielle a finalement obtenu sa reconnaissance.

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Informations pratiques

Localisation

56340 Carnac