Belle-Isle-en-Terre
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Belle-Isle-en-Terre

Côtes d'Armor, Bretagne

À propos de ce lieu

À Belle-Isle-en-Terre, les rivières racontent une histoire. Mais derrière le Guic, le Guer et les forêts qui enferment le bourg se cache surtout le destin presque invraisemblable d’une enfant du pays. Une fille de meunier née ici au XIXe siècle, partie loin de Bretagne, devenue l’une des femmes les plus fortunées de son époque… avant de revenir transformer profondément son village natal. Belle-Isle s’est développée à la rencontre de deux cours d’eau. Le Guic et le Guer s’unissent ici pour former le Léguer, créant depuis des siècles un territoire favorable aux moulins, aux échanges puis aux activités industrielles. Au XIXe siècle, la vallée change de visage. La papeterie Vallée devient l’un des grands moteurs économiques locaux. L’industrie s’installe le long des rivières, tandis que les forêts voisines de Coat-an-Noz et Coat-an-Hay portent elles aussi les traces d’exploitations anciennes. C’est dans ce monde que naît, en 1869, Marie-Louise Le Manac’h. Son père est meunier au moulin de Prat-Guéguen. Elle grandit dans une famille nombreuse et bretonnante. Rien ne semble alors annoncer la trajectoire extraordinaire qui l’attend. Marie-Louise quitte pourtant Belle-Isle. Sa vie la conduit jusqu’aux cercles les plus fortunés de son époque. Elle épouse finalement Robert Mond, chimiste et puissant industriel britannique lié à l’industrie du nickel. Lorsque celui-ci est anobli par le roi George V, Marie-Louise devient Lady Mond. Mais elle n’oublie pas Belle-Isle. En 1929, Robert Mond lui offre le domaine de Coat-an-Noz. Lady Mond revient ainsi dans le paysage de son enfance avec une fortune considérable. Elle va en faire profiter le bourg. Sous son influence sont financés ou développés plusieurs équipements : mairie, poste, gendarmerie, haras, salle des fêtes. Avec son mari, elle offre également de nouveaux vitraux à la chapelle de Locmaria. Belle-Isle porte encore aujourd’hui les traces visibles de cette générosité. Lady Mond fait également construire dans le bourg une demeure inspirée du château de Coat-an-Noz : le Castel Mond. Elle y termine sa vie en 1949. Son mausolée repose toujours près de la chapelle de Locmaria. Et Belle-Isle conserve quelque chose d’étrange dans son histoire : le souvenir d’une enfant partie presque sans rien, revenue avec une fortune capable de remodeler son village natal. Entre les eaux du Léguer et les forêts de Coat-an-Noz, son nom n’a jamais vraiment disparu. Lady Mond était partie de Belle-Isle. À la fin, elle lui avait rendu une partie de son destin.

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Localisation

Belle-Isle-en-Terre