Cap Fréhel
Site naturel

Cap Fréhel

Côtes d'Armor, Bretagne

À propos de ce lieu

Le cap Fréhel a donné son nom à une cape de Terre-Neuve. Quand les marins bretons ont commencé à y pêcher la morue au XVe et XVIe siècles, ils ont emporté avec eux la géographie de leur départ, et ce cap du bout du monde canadien s'appelle encore aujourd'hui Cap de Freels, écho lointain d'une pointe de grès rose de soixante-dix mètres qui surplombe la Manche. Le grès rose du cap Fréhel est une roche unique au monde, le grès rose d'Erquy-Fréhel, formée il y a quatre cent soixante-dix millions d'années dans une zone deltaïque, à partir des débris de l'érosion d'une chaîne de montagnes aujourd'hui disparue. Ces dépôts se sont accumulés dans une mer peu profonde, brassés par des courants puissants, puis lithifiés en bancs légèrement inclinés qui n'ont quasiment pas bougé depuis. La roche contient son propre récit géologique, et la couleur rose, qui vire à l'orange certains soirs, vient de la concentration de fer dans le sédiment. En mai 1694, Vauban inspecte les côtes nord de Bretagne et préconise un feu sur la pointe. Les armateurs malouins, qui voient leurs navires se perdre entre la baie de Saint-Brieuc et la rade de Saint-Malo, avaient déjà installé une tour à feu dès 1650, à leurs propres frais. En 1701, l'ingénieur Garangeau, élève de Vauban, bâtit une tour de quinze mètres en pierre fortifiée, alimentée à l'huile de poisson. Elle est toujours debout, à côté du phare actuel. En 1847, un deuxième phare la remplace. Le 11 août 1944, les Allemands le font sauter pour ne pas offrir un repère aux bombardiers alliés qui cherchent la station radar qu'ils avaient installée au cap. On reconstruit de 1946 à 1950. Le troisième phare, en moellons de grès rose extraits des carrières des Sables-d'Or, domine la mer de cent trois mètres. Son feu est visible à plus de cent kilomètres. Le cap Fréhel a été le dernier phare gardé de France. Henri Richard, gardien en poste depuis 1993, est parti à la retraite le 1er septembre 2019. La tour est depuis inhabitée. Sous les falaises, les houles, grottes marines creusées par l'érosion dans le grès, ont longtemps été habitées par les fées selon les légendes collectées par Paul Sébillot au XIXe siècle. La houle de la Banche est la plus longue. On dit qu'on entend encore des rouets tourner au fond de certaines cavités. Les guillemots de Troïl nichent sur les parois verticales de la Fauconnière, quatre-vingt-cinq pour cent de la population française de l'espèce se concentre sur ces quelques mètres de grès rose. En marée montante, les kayakistes s'enfoncent dans les grottes. En marée basse, on peut y marcher. La Route du Rhum part du cap Fréhel. Les marins lancent leur course au large de cette pointe, puis plongent vers les tropiques. La roche reste.

Tags

maritimefalaiseréserve ornithologique

Informations pratiques

Localisation

Phare du Cap Fréhel, 22240 Plévenon