Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont
Lieu religieux

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont

Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes

À propos de ce lieu

Elle est noire. Entièrement noire. Dressée au sommet de la butte centrale de Clermont, la cathédrale gothique surgit comme une anomalie dans le paysage des pierres françaises — construite en basalte de Volvic, lave volcanique extraite à quelques kilomètres, qui donne à l'édifice sa couleur d'anthracite et son allure de forteresse du ciel. Le chantier commence en 1248, sous l'évêque Hugues de La Tour et l'architecte Jean Deschamps. Il durera six cent cinquante-quatre ans. La cathédrale sera achevée en 1902 — avec de longues interruptions, des guerres, des épidémies, des fonds manquants, des chantiers repris et abandonnés. Viollet-le-Duc dessine la façade occidentale et ses deux flèches de quatre-vingt-dix mètres dans les années 1860, les érige dans la même pierre noire, comme si la cathédrale avait toujours été ainsi. Depuis n'importe quel coin de Clermont, on les voit. Avant cette cathédrale, il y en avait d'autres. Le Ve siècle, une basilique à soixante-dix colonnes décrite par Grégoire de Tours. Le VIIIe, une destruction par Pépin le Bref. Le Xe, les raids normands. Une crypte romane bâtie vers l'an mil, dont on sait qu'elle servit de modèle à la crypte de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans. Sous les pieds des visiteurs, ces strates s'accumulent sans jamais être visibles. En novembre 1095, le pape Urbain II prêche ici — à Clermont, dans une cathédrale qui n'est pas encore celle-ci — et lance la première croisade. Sa statue est depuis plantée sur la place devant le parvis. L'intérieur de la cathédrale noire est traversé de couleurs. La collection de vitraux du XIIIe siècle est décrite comme la plus belle de France après la Sainte-Chapelle, Chartres et Bourges — et le contraste entre la pierre sombre et la lumière colorée qui la traverse donne aux heures du jour des teintes d'une intensité rare, violacées, orangées, changeantes. Dans ce chœur illuminé, Jean-Philippe Rameau tient l'orgue de 1702 à 1706, puis de 1715 à 1722. C'est ici, dans cette obscurité de basalte percée de couleurs, qu'il réunit les idées qui donnent naissance en 1722 au Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels. Le frontispice de l'ouvrage le désigne comme "organiste de la cathédrale de Clermont". Ce traité fonde la théorie harmonique de toute la musique occidentale classique. En 1793, les révolutionnaires veulent abattre la cathédrale. Un bénédictin les convainc qu'elle ferait un excellent lieu de rassemblement populaire. Jubé, stalles et autels sont détruits malgré tout. Le jubé gothique est racheté par un entrepreneur et intégré dans une maison de la rue Fontgiève — au numéro 46, il est encore visible. Les vitraux filtrent la lumière depuis huit cents ans dans cette pierre noire.

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Informations pratiques

Localisation

Pl. de la Victoire, 63000 Clermont-Ferrand