Lieu religieux
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Bas-Rhin, Grand Est
À propos de ce lieu
Pendant deux cent vingt-sept ans, de 1647 à 1874, la flèche de la cathédrale de Strasbourg fut le point le plus haut sur la surface de la Terre. Plus haute que les pyramides d'Égypte. Plus haute que tout ce que les hommes avaient jamais construit. Cent quarante-deux mètres de grès rose des Vosges, percé à jour comme une dentelle, planté sur une plaine que l'on peut voir depuis les Vosges et la Forêt-Noire.
La construction commence sous la cathédrale carolingienne détruite par l'incendie de 1176. On reprend sur les mêmes fondations, ces fondations que nul autre chantier médiéval n'aurait osées, posées sur une nappe phréatique et stabilisées par des milliers de pieux de bois noyés dans l'eau. Quand la régularisation du Rhin abaisse la nappe au début du XXe siècle, les piliers commencent à s'affaisser. Un architecte allemand, Johann Knauth, sauve l'édifice. Il sera expulsé de France en 1918 pour avoir la mauvaise nationalité.
Le chantier gothique démarre vers 1220 et ne s'achèvera qu'en 1439, avec la pose de la flèche. Entre-temps, un mystère s'est incrustré dans le plan : la tour sud ne sera jamais terminée. En 1388, le vide entre les deux tours est comblé d'une plateforme ; la tour nord reçoit seule la flèche octogonale. Personne ne sait pourquoi la tour jumelle a été abandonnée.
L'horloge est un monde à elle seule. La première, construite en 1352, contenait un coq-automate, le plus ancien automate conservé en Occident. La troisième, achevée en 1842 par l'autodidacte Jean-Baptiste Schwilgué, est la première machine de l'histoire à calculer mécaniquement la date des Pâques grégoriennes. Chaque jour à midi trente, les apôtres défilent en automate devant le Christ, qui les bénit.
Et puis il y a le rayon vert. Deux fois par an, aux équinoxes, le soleil traverse le pied de verre du vitrail du patriarche Juda et projette une lumière verte exactement au-dessus de la tête du Christ sculpté sur la chaire. Le phénomène a été découvert en 1972 lors d'un nettoyage de vitrail, cent ans après l'installation du vitrail. Quelqu'un l'avait prévu. Personne ne sait qui.
En 1792, la Révolution pose un bonnet phrygien en tôle sur la flèche et détruit 235 statues. Benjamin Franklin avait voulu y installer un paratonnerre dès 1780. Il faudra attendre 1835.
Goethe y a connu ses premières amours. Victor Hugo y a vu un "prodige du gigantesque et du délicat." Les deux avaient raison.
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