
Lieu religieux
Chapelle Notre-Dame d'Espérance
Côtes d'Armor, Bretagne
À propos de ce lieu
Dans le désert de l'Arizona, à Félicity, ville fondée par un colonel parachutiste américain d'origine française au milieu de nulle part, une chapelle en pierre se dresse depuis 2008 au cœur d'un mémorial de l'humanité. Elle est la copie conforme, pierre par pierre, d'une chapelle bretonne de quarante mètres carrés posée sur une falaise des Côtes-d'Armor. L'original est à Étables-sur-Mer. Il contemple la baie de Saint-Brieuc depuis 1850.
Tout commence avec une épidémie. Au milieu du XIXe siècle, le choléra frappe Étables. Le curé de la paroisse fait alors une promesse publique et solennelle : si l'épidémie cesse, il fera bâtir une chapelle à la Vierge sur la pointe du Vau-Burel. Le choléra recule. La chapelle est construite en 1850, à même la falaise, face au large, néogothique, en granit gris, avec un petit clocher carré, une rosace, des contreforts surmontés de pinacles, et dans une niche au-dessus de la porte, une statuette de la Vierge qui regarde la mer.
Ce n'est pas une chapelle d'ornement. C'est une chapelle de travail. Pendant un demi-siècle, les femmes des pêcheurs de Terre-Neuve et d'Islande montent jusqu'à la pointe pour guetter le retour des bateaux depuis les hauteurs du Vau-Burel. La chapelle est aussi un amer, un repère visuel pour les marins, visible depuis le large par tous ceux qui rentrent. Les ex-votos s'accumulent à l'intérieur : des maquettes de bateaux, des plaques de remerciement, les traces votives de ceux qui sont partis et qui sont revenus, et de ceux qui n'ont pas dit où ils sont allés.
Parmi les noms liés à ce coin de côte figure celui de Jean-Marie Le Bris, capitaine de marine né à Concarneau, enterré à Douarnenez, qui vécut à Étables. Au Cap Horn, il avait tué un albatros pour en étudier les ailes. Il avait compris la portance. En décembre 1856, sur une plage près de Douarnenez, il fit voler sa Barque Ailée, planeur de quinze mètres d'envergure, posé sur une charrette tirée par un cheval lancé au trot, et s'éleva à cent mètres de hauteur sur deux cents mètres de distance. Quarante-sept ans avant les frères Wright. La chapelle Notre-Dame-d'Espérance lui est associée par la mémoire locale : c'est ici que les marins comme lui confiaient à la mer leurs ambitions et leur vie.
En 2004, Jacques-André Istel, colonel parachutiste, fondateur de la ville de Félicity, Arizona, visite la chapelle en vacances dans les Côtes-d'Armor. Il décide d'en construire la réplique exacte dans son désert, pour son mémorial de l'humanité. Le 15 août 2008, une délégation bretonne traverse l'Atlantique pour y déposer un ex-voto : la reproduction de la Barque Ailée de Jean-Marie Le Bris.
Une chapelle de pêcheurs bretons veille désormais sur deux continents.
Tags
chapellereligieuxmaritime
Informations pratiques
Localisation
28 Bd du Littoral, 22680 Binic-Étables-sur-Mer
Exploré le
19 mai 2026


