
Lieu religieux
Chapelle Saint-André
Morbihan, Bretagne
À propos de ce lieu
Un architecte du XXIe siècle lui a consacré un chapitre entier dans son ouvrage Chapelles magiques du Pays celte, et des coupeurs de feu affirment y éprouver un sentiment de bien-être qu'ils ne ressentent nulle part ailleurs. La chapelle Saint-André de Langlo a cette réputation étrange d'un lieu qui fait quelque chose aux gens.
Le village de Langlo se tient à cinq kilomètres au nord-est du bourg de Cléguérec, au bord du Blavet. L'endroit n'est pas anodin. Selon la tradition locale, la première chapelle aurait été construite vers l'an 700 à l'emplacement d'un temple druidique. Ce type de continuité de lieu sacré, la christianisation posée sur la couche antérieure comme une main sur une autre main, est fréquent en Bretagne, mais rarement revendiqué aussi explicitement. Quelque chose était là avant. Ce qui est là maintenant le sait.
Le plan de la chapelle actuelle, datant des XVe et XVIIe siècles, a de quoi surprendre. Le transept, les bras transversaux de la croix, est sensiblement plus développé que la nef principale. Cette proportion inversée est inhabituellement singulière pour une simple chapelle rurale. Georges Prat, l'architecte qui a étudié ce plan en détail, y voit une intention délibérée, un rapport au lieu et à ses lignes de force qui dépasserait la seule logique liturgique. La structure et l'emplacement géographique conféreraient à l'édifice une énergie particulière, c'est du moins ce que rapportent ceux qui savent lire ce genre de choses.
La porte latérale en anse de panier garde dans son linteau une date gravée dans le granit : 1568, avec un nom, H. Botmarh. Personne n'a retrouvé qui était cet homme. Les meneaux des fenêtres sont taillés en fleurs de lys. La baie du pignon oriental conserve des fragments de vitrail ancien à personnages, quelques rescapés du XVIe siècle parmi les plus anciens de la région.
La chapelle a été inscrite aux Monuments historiques en septembre 1977. À cette époque, elle tombait en ruine. Une association est née dans les années 1970 pour la sauver, les Amis de la chapelle Saint-André, qui ont lancé des fêtes successives pour financer les travaux. L'une d'elles a vu venir la mère Denis, cette lavandière devenue figure publicitaire nationale, dont la présence a permis de récolter assez pour refaire tous les vitraux et les meneaux. Les réparations ont tenu.
Chaque année, le pardon traditionnel rassemble les habitants au pied de l'édifice. Des étudiants viennent aussi, dit-on, pour se ressourcer. Ils ne savent pas toujours exactement pourquoi ils choisissent ce lieu précis.
Le Blavet coule à quelques centaines de mètres. Le granit garde la chaleur longtemps après le coucher du soleil.
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