Chapelle Saint-Gildas, Pierre Sonnante
Lieu religieux

Chapelle Saint-Gildas, Pierre Sonnante

Morbihan, Bretagne

À propos de ce lieu

Frapper la pierre avec un galet. Le son qui en sort ressemble à une enclume, à une cloche, à quelque chose de métallique et d'ancien qu'on n'attendrait pas d'une roche. Les géologues parlent de cornéenne à minéraux, de roche porphyrique schisteuse, matériau rare, dont l'origine à Bieuzy reste inexpliquée. Personne ne sait d'où elle vient ni comment elle est arrivée là. La chapelle Saint-Gildas est construite sous un rocher. Pas contre lui, sous lui, le granit surplombe le bâtiment, constitue une partie du plafond, écrase doucement l'édifice depuis des siècles sans l'écraser tout à fait. On dit semi-troglodyte pour désigner cela. Le rocher était là avant la chapelle, avant l'oratoire, avant même que des hommes aient commencé à bâtir ici. Au VIe siècle, deux moines gallois descendent vers l'Armorique. Gildas est né vers 494 dans le royaume de Strathclyde, sur les bords du Clyde en Écosse, il a été disciple de saint Ildut au pays de Galles, avec Samson de Dol et Paul Aurélien. Il a voyagé en Irlande, à Rome, à Ravenne. Il arrive en Armorique sur l'île d'Houat, fonde l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, puis remonte le Blavet jusqu'à ce méandre au pied de la butte de Castennec, oppidum gaulois, vicus romain où l'on adorait une idole, carrefour de toutes les présences humaines de cette vallée. Dans la grotte sous le rocher, Gildas s'installe avec son disciple Bieuzy. Ils y prient. Les populations accourent. Pour appeler les fidèles à l'office, Gildas frappe la pierre sonnante avec un morceau de quartz. Le son porte. Il ressemble à une enclume de forgeron. Les paysans des collines entendent et descendent vers le Blavet. C'est ainsi que la légende a fixé l'usage de cet objet, une cloche de pierre dans un ermitage de roche. L'autre pierre sonnante, plus petite, appartenait à Bieuzy. En 1702, le recteur de Bieuzy dut la réclamer au seigneur de Kerveno qui la gardait dans son château de Pontivy. Il la ramena à l'église du bourg. Elle s'y trouve encore. La mort de Bieuzy est connue par son hagiographie. Son seigneur lui ordonna de guérir sa meute de chiens atteinte de rage. Bieuzy préféra célébrer l'office pour ses fidèles. Le seigneur breton lui trancha la tête d'un coup d'épée. Sur la grotte devenue oratoire, une chapelle s'élève au XVe siècle, prieuré dépendant de l'abbaye de Rhuys jusqu'à la Révolution. Remaniée en 1837. L'intérieur est lambrissé sur la demi-charpente, le reste du plafond est la roche elle-même. Deux petits autels de pierre. Un seul vitrail. La pierre sonnante sur son socle de granite. Le lundi de Pentecôte, pendant le pardon, on sortait autrefois la pierre et on sonnait les vêpres avec elle. Au XIXe siècle, des mendiants la frappaient pour attirer l'attention. Aujourd'hui, les visiteurs font un vœu en frappant la pierre à coups répétés, en cercles dans le sens des aiguilles d'une montre. Le rocher tient toujours.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

Le Prioldy - Bieuzy 56310 Pluméliau-Bieuzy, France