
Château
Château de Miromesnil
Seine-Maritime, Normandie
À propos de ce lieu
Le marquis de Miromesnil a donné son nom à une rue de Paris, la rue de Miromesnil, dans le 8e arrondissement, de son vivant, fait rarissime. Ce n'est pas l'homme de lettres qui vit le jour dans ce château normand qui valut cet honneur, mais son propriétaire du XVIIIe siècle : Armand Thomas Hue de Miromesnil, garde des sceaux de Louis XVI, premier président au Parlement de Rouen, réformateur de la justice royale. Deux hommes exceptionnels ont habité ce château à un siècle de distance. Aucun des deux n'y est resté longtemps.
Le château fort d'origine, propriété de la famille Dyel, est détruit en 1589 lors de la bataille d'Arques, l'un des épisodes décisifs des guerres de Religion, quand Henri IV mit en déroute les troupes de la Ligue catholique sur les hauteurs de Dieppe. L'actuel château est construit entre 1590 et 1600 par Jacques Ier Dyel et achevé par son neveu Jacques II. Deux façades pour un seul corps de logis : côté sud, le style Henri IV, brique et pierre, sobriété élégante ; côté nord, le style Louis XIII, plus orné, plus théâtral. L'édifice a été construit en deux temps, par deux générations, et cela se lit dans la pierre.
Armand Thomas Hue de Miromesnil achète le domaine dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Premier président au Parlement de Rouen, il devient garde des sceaux sous Louis XVI. C'est un homme de loi qui réforme, il contribue à l'abolition de la question préparatoire, cette torture judiciaire qui servait à arracher des aveux. Sa bonté envers la population locale lui permet de traverser la Révolution sans encombre. Il meurt à Miromesnil en 1796. La guillotine n'aura pas son nom.
Puis le château change de mains, se loue, se vend par étapes. En 1849, Gustave et Laure de Maupassant louent le domaine à la baronne de Marescot, propriétaire des lieux. Leur premier fils, Guy, naît le 5 août 1850. Le nourrisson reçoit l'ondoiement dans la chapelle du château le 23 août. Ils quittent Miromesnil en 1853. L'enfant a trois ans. Il ne se souviendra pas du château. Mais le Pays de Caux, la lumière normande, les falaises, les fermières et les paysans de ce pays rugueux se glisseront dans chacune de ses nouvelles, Boule de Suif, Une Vie, Bel-Ami, les trois cents contes qui ont fait de lui l'un des plus grands prosateurs français du XIXe siècle.
Dans le parc aux trois mille arbres, dont une futaie de trois mille cinq cents hêtres centenaires atteignant quarante mètres, une chapelle du XVe siècle subsiste, seul vestige médiéval ayant survécu à la destruction du château fort de 1589. Elle est classée monument historique. Le cèdre du Liban bicentenaire se dresse toujours dans le jardin.
Un garde des sceaux y a réformé la justice. Un écrivain y a ouvert les yeux pour la première fois.
Miromesnil a gardé les deux.
Tags
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Informations pratiques
Localisation
Château de Miromesnil, 76550 Tourville-sur-Arques


