
Site naturel
Gorges et Cascades de la Langouette
Jura, Bourgogne-Franche-Comté
À propos de ce lieu
Depuis le village des Planches-en-Montagne, rien ne laisse prévoir ce qui se cache en contrebas. Un plateau, des prairies, le silence du Haut-Jura. Puis le sol disparaît. Une fissure s'ouvre dans le calcaire, quarante-sept mètres de profondeur pour quatre mètres de largeur, et la Saine s'y engouffre comme si elle cherchait à effacer les traces de son passage.
Les gorges de la Langouette sont nées il y a vingt mille ans, à la fonte des glaciers qui recouvraient le massif. L'eau libérée cherche sa route vers l'Ain et trouve une fracture dans la roche jurassique. Elle s'y enfonce, mètre par mètre, siècle après siècle, creusant le calcaire en spirales, ces marmites de géants que les tourbillons sculptent dans la pierre pendant des millénaires. Un kilomètre de long. Des parois verticales couvertes de mousse, de fougères, d'une végétation qui ne voit presque jamais le soleil. Au fond, l'eau n'est jamais tranquille.
Les Celtes connaissaient ce lieu. La source de la Saine, plus haut dans la vallée, était sacrée à leurs yeux, son eau passait pour guérir les maux des yeux. La rivière elle-même était imprévisible : alimentée par un réseau souterrain de fissures karstiques, elle peut jaillir en crue violente à des kilomètres de la pluie qui l'a provoquée. Son débit record atteint cent quarante mètres cubes par seconde. En plein été, elle n'en pousse que deux.
Les hommes ont mis du temps à apprivoiser cet endroit. Avant les promeneurs, il y eut les forgerons. Au pied de la cascade principale, les ruines du Martinet témoignent d'une forge hydraulique qui exploitait la force de la Saine pour actionner ses soufflets et ses marteaux. L'industrie métallurgique jurassienne a longtemps vécu de ces eaux tumultueuses, avant que les forges ne s'éteignent et que les gorges ne retrouvent leur état sauvage. Une turbine hydraulique, elle, tourne encore aujourd'hui en haut du canyon, discrète, héritière de cette mécanique ancienne.
Le nom Langouette viendrait de la forme du lieu, une langue étirée de calcaire, une fissure allongée que l'eau aurait tirée comme un couteau dans la roche. La fée Langouette, personnage des légendes locales, habiterait ces eaux noires et froides depuis que les paysans du plateau ont commencé à raconter ce qu'ils entendaient la nuit depuis le bord du précipice.
Le grondement monte bien avant qu'on ne voie quoi que ce soit.
Tags
naturegorgescascade
Informations pratiques
Localisation
50 Rue de la Langouette, 39150 Les Planches-en-Montagne

