Haras National du Pin
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Haras National du Pin

Orne, Normandie

À propos de ce lieu

En 1665, la France manquait cruellement de chevaux et le royaume était obligé de les importer. Ce n'était pas une question de prestige. C'était une urgence militaire. Louis XIV et Colbert avaient besoin de montures pour leurs armées, de bêtes pour les transports, de races sélectionnées capables de tirer les canons et de charger les lignes ennemies. Ils choisirent l'Orne, à proximité raisonnable de Versailles, avec un sol argileux et un climat humide propices à l'élevage, et décidèrent d'y construire non pas un simple haras, mais un monument. Ce qui s'éleva entre 1715 et 1730 à Pin-au-Haras fut le Versailles du cheval. En 1714, François Gédéon de Garsault, inspecteur des haras, choisit le domaine du Pin pour y établir le haras royal. L'architecte Robert de Cotte, premier architecte du roi, qui venait d'achever les Invalides et le Palais de Rohan à Strasbourg, reçoit la commande des bâtiments. Le château est composé de trois corps de logis rythmés par l'alignement de hautes fenêtres, en calcaire gris, couvert d'ardoises. Les écuries sont en briques rouges, construites devant la façade nord en fer à cheval. La cour, nommée « cour Colbert », est fermée par un portail en fer forgé. Elle s'ouvre sur l'avenue Louis XIV, percée à travers la forêt, qui descend en pente douce vers le nord. Un axe de perspective droit comme une raison d'État, disparaissant dans la forêt normande. La Révolution mit le haras à rude épreuve : l'Assemblée Constituante décréta le 20 janvier 1790 la vente des étalons du Pin. Grâce à une pétition du conseil du département de l'Orne, un dépôt de quarante étalons y fut maintenu jusqu'en mars 1793, date à laquelle la vente devint inéluctable. Les bâtiments survécurent. Napoléon relança l'institution pour répondre aux besoins militaires et aux courses de chevaux. Le XIXe siècle vit l'inauguration de l'hippodrome de la Bergerie. Les courses, les spectacles, les concours, le haras changeait de registre sans perdre son rang. La reine Élisabeth II, fascinée par l'élevage et l'histoire équestre, visita le haras le samedi 27 mai 1967. Elle connaissait les chevaux mieux que la plupart des directeurs qui s'étaient succédé ici. Elle fit le tour des écuries en silence, avec la précision d'une femme qui sait regarder une bête. Le changement au sein des haras nationaux intervint à la fin de l'année 2013, lorsque la mission de reproduction fut transférée au secteur privé. L'État se retirait discrètement de ce qu'il avait bâti pour son armée. Le domaine passa au département de l'Orne. Mille cent hectares de prairies, de forêts et d'allées cavalières. Des écuries de brique rouge où les sabots résonnent encore sur les pavés d'origine. Robert de Cotte avait construit pour le siècle de Louis XIV. Il avait, sans le savoir, construit pour les siècles suivants.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

Haras national du Pin, 61310 Le Pin-au-Haras