Le Conquet
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Le Conquet

Finistère, Bretagne

À propos de ce lieu

Le 29 septembre 1558, une flotte anglo-flamande débarque au Conquet. En une journée, elle brûle la ville. Sur quatre cent cinquante maisons, il n'en reste que huit debout. Trente-sept navires armés sont détruits au port. L'ennemi emporte trois cents pièces de canons. C'est la sixième fois en moins de trois siècles que le Conquet est rasé. Et chaque fois, il se reconstruit. Le Conquet est la commune la plus occidentale de la France continentale. Au-delà, il n'y a plus que les îles — Molène, Ouessant, Sein, puis l'Atlantique, et très loin, l'Amérique. Konk, en breton, signifie la baie, l'anse. Ce nom dit tout : un creux dans la côte, là où les bateaux peuvent s'abriter, là où le Chenal du Four comprime les eaux entre le continent et l'archipel avec une violence de courant qui a coulé plus de navires que toutes les guerres. Le peuplement est très ancien, des mégalithes jalonnent encore le territoire. Mais c'est la mer qui donne à la ville sa raison d'être. Dès le IXe siècle, les Normands pillent le port. Dès le XIIe siècle, les Anglais et les Français se le disputent, escale commode sur la route entre l'Angleterre et la Guyenne, entre le sel de Bretagne et le vin de Bordeaux. En 1277, le vicomte de Léon, ruiné, vend la ville au duc de Bretagne pour quinze cents livres. En 1374, Jean IV passe la garnison française au fil de l'épée. En 1488, l'armée française assiège la forteresse de la presqu'île de Kermorvan contre les partisans de la duchesse Anne. En 1543, Ambroise Paré visite la ville et trouve la population en armes, le tocsin sonnant de toutes parts. C'est de cette violence répétée que naît, paradoxalement, la prospérité du Conquet. À partir des années 1370, sous Jean IV, le port s'ouvre au grand commerce. Les négociants arment des bateaux. Un chantier naval renommé s'installe au Croaë, dans la ria. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la flottille compte de trente à cinquante navires transportant sel et vin entre Bretagne, Manche et mer du Nord. Quand les guerres interrompent le commerce, les Conquétois se font corsaires et harcèlent les Anglais entre le Raz de Sein et la Manche. Le port dépasse alors en fréquentation celui de Brest. Les maisons d'armateurs en grès local, leurs caves voûtées creusées sous les quais, leurs escaliers extérieurs sur le quai du Drellac'h, ce sont les témoins de ces décennies de fortune. Michel Le Nobletz naît ici en 1577. Missionnaire, apôtre de la Basse-Bretagne, il sillonnera les côtes du Léon pendant des décennies à bord d'un bateau, catéchisant les gens de mer avec des cartes enluminées sur peau de mouton, les taolennoù. Il meurt au Conquet en 1652. Sa maison est devenue chapelle. Le XVIe siècle, fondateur de l'École de cartographie du Conquet, a laissé ici une ville qui sait dessiner les mers qu'elle traverse. Quand la marée descend, la ria se vide lentement, et les huit maisons de 1558 semblent encore regarder l'eau.

Tags

petite cité de caractèremaritimeartisanat d'art

Informations pratiques

Localisation

29217 Le Conquet