Pont-Croix
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Pont-Croix

Finistère, Bretagne

À propos de ce lieu

La flèche se voit avant la ville. Soixante-sept mètres de pierre taillée qui surgissent au-dessus du Goyen, longtemps avant qu'on distingue les maisons accrochées à la pente en dessous. Cette flèche est le secret bien gardé de Pont-Croix : quand l'architecte diocésain Joseph Bigot a voulu au XIXe siècle couronner la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, c'est ici qu'il est venu chercher son modèle. Les tours de la grande cathédrale bretonne copient les proportions d'une église de bourg perdu au bout du Cap Sizun. L'histoire commence au XIe siècle, quand un seigneur inconnu plante une motte féodale sur un promontoire de la rive droite du Goyen. Le bourg s'organise autour d'elle, puis monte vers l'église que Sinquin de Pont-Croix fait agrandir vers 1280. Sinquin est le seul seigneur connu de la lignée. Il commande une maîtresse-vitre pour l'église, dans la verrière disparue, il s'y fait représenter offrant lui-même l'édifice à la Vierge. Une façon de signer ce qu'il bâtit. Le style de Notre-Dame de Roscudon est une anomalie. Ni vraiment roman ni vraiment gothique, une transition bretonne unique, probablement influencée par l'architecture anglaise, qui fait de Pont-Croix la source d'un rayonnement architectural : une trentaine d'églises et chapelles du Cap Sizun et du Pays Bigouden naîtront dans les siècles suivants à son image. On appellera cela l'École de Pont-Croix. En 1391, la famille de Rosmadec entre dans l'histoire de la ville par un mariage. Jean II de Rosmadec construit le porche méridional, dentelle de pierre gothique rayonnante, comparable aux portails des Libraires de la cathédrale de Rouen. Les Rosmadec resteront maîtres de Pont-Croix jusqu'au XVIIIe siècle. En 1590, l'aventurier Guy Éder de La Fontenelle s'empare de la cité avec sa troupe de cavaliers. Les bourgeois qui n'ont pu fuir s'enferment dans la tour de l'église. La Fontenelle fait traîner des fagots à l'intérieur par des chevaux pour les enfumer et les déloger. La tradition dit que le sang des massacres qui suivirent a dévalé en ruisseaux les pavés pentus de la Grande Rue Chère. Le château médiéval n'existe plus, ses pierres ont été réemployées depuis longtemps. Mais son fantôme survit dans le tracé des rues. Un quadrilatère qu'on appelle encore le "Tour du Chastel" garde la mémoire de la forteresse disparue dans le plan même de la ville moderne. En bas, le Goyen est traversé par un pont flanqué d'un moulin à marée. C'est de là que partent les escaliers pavés vers les hauteurs, les Rues Chères, où Sérusier et Matisse ont posé leurs chevalets. Pont-Croix descend vers l'eau comme une cascade de pierre.

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petite cité de caractèremédiévalchapelle

Informations pratiques

Localisation

Pont-Croix 29790