Abbaye de La Trappe
Abbaye

Abbaye de La Trappe

Orne, Normandie

À propos de ce lieu

Au fond d’un vallon isolé du Perche, derrière les bois et les étangs, une abbaye a donné son nom à des milliers de moines dans le monde. Ici est née la Trappe. Non pas un ordre entièrement nouveau, mais une réforme si austère des cisterciens que ses religieux finiront par être connus partout sous un nom directement hérité de ce lieu : les trappistes. L’histoire commence en 1122. Rotrou III, comte du Perche, fonde dans cette vallée une communauté religieuse. Quelques années plus tard, en 1147, le monastère rejoint l’ordre de Cîteaux. La règle est exigeante : prière, travail manuel, pauvreté et retrait du monde rythment désormais la vie des moines. Pendant des siècles, l’abbaye traverse guerres, crises et périodes de relâchement. La guerre de Cent Ans frappe la région. Les bâtiments souffrent, les revenus diminuent et l’idéal des premiers cisterciens s’efface progressivement. Puis, au XVIIe siècle, un homme arrive à La Trappe. Il s’appelle Armand Jean Le Bouthillier de Rancé. Sa présence va bouleverser l’histoire du monastère. Rancé appartient d’abord au monde qu’il finira par rejeter. Issu d’une puissante famille, brillant ecclésiastique, il mène une existence mondaine avant qu’une profonde conversion ne transforme sa vie. En 1664, il devient abbé régulier de La Trappe et impose une réforme radicale. Retour à la règle. Silence. Travail. Abstinence de viande. Renoncement au confort. La réputation des religieux de La Trappe dépasse rapidement les murs du monastère. Leur austérité fascine autant qu’elle inquiète. On vient observer ces hommes qui semblent avoir choisi de disparaître du monde. Ils deviennent les « trappistes ». La Révolution française brise pourtant cette continuité. En 1790, les ordres religieux sont supprimés. Les moines doivent quitter l’abbaye. Une partie de la communauté s’exile sous la conduite d’Augustin de Lestrange et transporte l’esprit de La Trappe à travers l’Europe. Après la chute de Napoléon, les religieux reviennent en France. En 1815, une communauté retrouve finalement La Trappe. Le monastère renaît. Au XIXe siècle, les bâtiments sont largement reconstruits et la vie monastique reprend derrière les murs. En 1892, les différentes congrégations issues de cette tradition sont réunies dans l’ordre des Cisterciens de la Stricte Observance. Aujourd’hui encore, des moines vivent à Soligny selon cette règle. Et derrière ce nom devenu célèbre pour des monastères et des bières bien au-delà de la France se cache toujours une vallée normande. Un endroit silencieux où, il y a plus de trois siècles, quelques hommes décidèrent de fermer la porte au monde.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

lieu-dit la Trappe, 61380 Soligny-la-Trappe