Bécherel
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Bécherel

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

Depuis les environs de Rennes, une route sinueuse révèle progressivement la silhouette de Bécherel posée au sommet de sa colline, l'un des points culminants d'Ille-et-Vilaine, à cent soixante-quinze mètres d'altitude. Une petite ville de sept cents habitants. Et les murs de granit qui la composent ont contenu, en huit siècles, une forteresse médiévale assiégée six fois, l'une des grandes industries textiles de Bretagne, puis un village qui s'éteignait, et qui s'est sauvé par les livres. En 1124, Alain de Dinan reçoit en partage la terre de Bécherel et fait élever un château sur le rocher. Le choix de l'emplacement est stratégique : la colline commande la route entre Rennes et Dinan, surveille la vallée de la Rance, contrôle le passage vers Saint-Malo. Dès 1168, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, s'empare de la place et la fait fortifier. En 1183, son fils Geoffroy III la reprend et l'incendie. Les sièges s'enchaînent. Pendant la Guerre de Succession de Bretagne, en 1363, Charles de Blois et Bertrand Du Guesclin assiègent Bécherel, mais Jean de Montfort et ses alliés anglais contre-assiègent depuis l'extérieur. La ville est prise entre deux armées. Les évêques finissent par intervenir. Le donjon, reconstruit plusieurs fois, est élevé dans sa forme définitive en 1419 par Anne de Laval, comtesse de Bécherel, avec l'autorisation de Jean V duc de Bretagne, qui lui concède un droit de lever un impôt sur ses vassaux pour financer les réparations. En 1504, il est à nouveau en ruine. Cette fois, personne ne le relève. Ce qui suit n'est pas la guerre, c'est le lin. Au début du XVIe siècle, les champs autour de Bécherel bleuissent à la mi-juin. La tradition orale conserve la formule : ce pays fait le plus beau et le meilleur fil de Bretagne. Du lin, du chanvre, des ateliers de tissage, des halles depuis 1250. Les voiles fabriquées ici équipent les navires des armateurs de Saint-Malo qui partent vers Cadix, les Antilles, l'Amérique du Sud. Les toiles partent vers Paris, Rouen, l'Angleterre, l'Espagne, la Russie. Les maisons de pierre de taille alignées rue de la Chanvrerie et rue de la Filanderie, les noms sont restés, sont celles des marchands enrichis. L'étang en contrebas s'appelle l'étang de la Teinture. Le lin y trempait pour séparer les fibres. Puis vient le coton, qui nécessite moins d'étapes. Puis le blocus continental de Napoléon. Le dernier tisserand de la région brûle son métier sur la place du village voisin après la Grande Guerre. Bécherel se tourne vers le tannage, la galocherie, la laiterie, qui ferme en 1971. Dans les années 1980, le village se vide. En 1986, une association locale s'inspire de Redu en Belgique et de Hay-on-Wye au pays de Galles — des villages qui ont fait des livres leur économie de survie. En 1989, une fête du livre est organisée à Pâques avec des échoppes provisoires. Les libraires restent. Bécherel devient la première Cité du Livre de France. Les remparts tiennent encore. Dans les maisons des anciens tisserands, les livres attendent.

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Informations pratiques

Localisation

35190 Bécherel