Châteaugiron
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Châteaugiron

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

Dans les réserves de la Bibliothèque nationale de France sommeille un manuscrit du XVe siècle qui représente, en vue plongeante, un château breton avec une précision stupéfiante, ses six tours, ses douves, ses jardins intérieurs, ses soldats en armes et ses dames en promenade, le tout dans une seule enluminure. Pendant des siècles, les historiens ont débattu de quel château il s'agissait. Une étude de 2009 a tranché : c'est Châteaugiron, tel qu'il était vers 1480. Ce dessin médiéval est l'une des représentations de château les plus détaillées de toute la littérature manuscrite française. La ville commence par un nom et une loyauté. En 1008, le duc Alain III de Bretagne offre à un chevalier normand nommé Anquetil des terres sur la rive de l'Yaigne, à une douzaine de kilomètres à l'est de Rennes. Anquetil bâtit un premier château de bois. Il meurt en 1039. Son fils, Giron, reconstruit en pierre et donne son nom à l'ensemble, le château de Giron, Châteaugiron. La ville naît dans le sillage de ce geste. Les barons qui succèdent à Giron s'intègrent immédiatement dans le grand jeu breton. En 1066, Giron lui-même part combattre à Hastings dans les troupes du duc de Normandie et reçoit des terres en Angleterre pour sa fidélité. Un siècle plus tard, la baronnie tient les Marches de Bretagne, cette zone frontière instable entre le duché et la France capétienne, avec six tours, un châtelet d'entrée et un donjon de trente-huit mètres que rien n'a fait tomber depuis. Le titre de Grand Chambellan du duché finit par être attaché héréditairement à la terre de Châteaugiron. En 1408, Valence de Châteaugiron est choisie par la duchesse de Bretagne pour garder ses joyaux personnels. En 1472, le duc François II, aux prises avec les ambitions annexionnistes de Louis XI, choisit Châteaugiron pour signer son traité d'alliance avec les ambassadeurs du roi d'Angleterre Édouard IV. La France évacue le duché. Le château était suffisamment important, suffisamment discret, suffisamment sûr, pour accueillir ce moment diplomatique décisif. Pendant les guerres de la Ligue, à la fin du XVIe siècle, la ville est en grande partie rasée. Le château tient. En 1794, les derniers seigneurs, les Le Prestre, offrent le donjon et la tour de l'Horloge à la municipalité avant de s'en aller pour toujours. Lors de la restauration de la chapelle castrale en 2007, des peintures murales fragmentaires surgissent sous les enduits, plusieurs strates superposées du XIIe au XVIIe siècle, silencieuses depuis des siècles. Châteaugiron a conservé son château, ses rues médiévales en lanières, ses maisons à colombages, ses douves. La ville abrite aujourd'hui la mairie dans les murs mêmes où François II scellait l'avenir de la Bretagne. L'enluminure de la BNF n'a pas menti.

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Informations pratiques

Localisation

35410 Châteaugiron