Jardin du Pellinec
Autre

Jardin du Pellinec

Côtes d'Armor, Bretagne

À propos de ce lieu

Au fond de l'anse de Pellinec, là où la mer du Trégor finit par se calmer entre deux caps de granit rose, un jardin fait pousser des plantes de cinq continents dans un coin du Finistère nord qui n'a jamais demandé la permission au reste du monde. Le manoir est là depuis 1695. La date est gravée dans le granite, comme une signature discrète apposée par ceux qui ont bâti ce logis trapu aux lucarnes à frontons triangulaires, coincé entre l'anse et les terres de Penvénan. Pendant trois siècles, le lieu a vécu au rythme des Trégorrois, dans le silence de la lande et le bruissement du vent de mer. Puis la propriété est tombée en friche. L'anse a gardé ses secrets. Les murets se sont effondrés doucement sous le lierre. En 1994, un homme arrive. Gérard Jean a passé toute sa vie professionnelle dans la communication et la création, avec la photographie comme passion fixe. Il a déjà fait quatre jardins dans d'autres vies. Il voit ce terrain envahi, ce manoir à restaurer, cette anse protégée au fond de laquelle quelque chose d'imperceptible se produit : l'air ne gèle presque jamais. La température descend rarement sous moins deux degrés. Le fond de baie crée une poche de douceur que les vents du large ne pénètrent pas. Un micro-climat, ici, au bord de la Manche. Pas un mythe, une réalité géographique qui va tout changer. Le travail commence en 1997 par les murets, les chemins retrouvés dans les vieux cadastres, le débroussaillage. Le premier jardin naît autour du manoir, massifs fleuris, dallages de pierres et de galets pour adoucir le granite. Puis le jardin exotique en 1998, révélé par un palmier centenaire planté là par quelqu'un dont personne ne se souvient plus, entouré de murs qui en ont fait une chambre végétale. Puis le jardin anglais en 2000. Puis les iris du Japon sur caillebotis de bois, les pieds dans l'eau d'un marais reconverti. L'allée himalayenne. Le jardin austral. La prairie aux magnolias. L'étang aux nymphéas avec vue sur l'anse. Ce que Gérard Jean a construit ici n'est pas une collection de plantes. C'est une série de tableaux, la photographie réalisée en végétaux, en lumière, en texture. Vingt mille plantes, deux mille cinq cents variétés, venues d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Chili, d'Afrique australe, de l'Himalaya. Des couleurs assemblées comme des accords, les pourpres des rhododendrons contre le blanc des magnolias, les bleus des iris contre le vert presque noir d'un bassin. En 2013, le jardin est classé quatrième jardin préféré des Français dans une émission nationale. En 2023, le manoir et ses jardins sont inscrits aux monuments historiques. La friche d'un homme de soixante ans est devenue un lieu reconnu. Le Pellinec n'a rien d'un endroit facile à trouver. C'est exactement pour ça qu'on en revient différent.

Tags

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Informations pratiques

Localisation

1 Rue de la Baie de Pellinec, 22710 Penvénan