Josselin
Autre

Josselin

Morbihan, Bretagne

À propos de ce lieu

En 1629, après avoir fait démanteler le château de Josselin à coups de canons, trois tours et le donjon rasés, le cardinal de Richelieu annonce la nouvelle au duc de Rohan avec cette phrase : Monsieur le duc, je viens de jeter une bonne boule dans votre jeu de quilles. Le duc était chef des protestants de France. La bonne boule avait détruit la forteresse la mieux armée de Bretagne. Tout commence vers l'an mil. Guéthénoc, vicomte de Porhoët, quitte sa motte féodale pour un promontoire escarpé dominant la rivière Oust, carrefour de deux routes romaines. Il baptise la nouvelle forteresse du nom de son fils : Goscelinus. Ce nom finit par devenir Josselin. Un bourg naît au pied des murs. Et sur le rocher voisin, une chapelle attire déjà des pèlerins, Notre-Dame du Roncier, où l'on vénère depuis le IXe siècle une statue de la Vierge découverte dans les ronces. Le château et le sanctuaire grandissent ensemble. En 1370, Olivier de Clisson achète Josselin et fait construire la forteresse la mieux armée de Bretagne, enceinte de 4500 mètres carrés, remparts de vingt-cinq mètres jalonnés de neuf tours, donjon de vingt-six mètres de diamètre et trente-deux mètres de hauteur. Clisson devient connétable de France. Il est ensuite banni, condamné à mort par le duc de Bretagne Jean IV, assiégé dans son propre château. Il y survit. À sa mort, la place passe aux Rohan par mariage. Jean II de Rohan, au tournant du XVIe siècle, fait ériger sur la cour intérieure une façade de soixante-dix mètres en dentelle de granit, style Louis XII, transition entre gothique flamboyant et première Renaissance, influence du plateresque espagnol visible dans les entrelacs, les coquilles, les initiales entrelacées. Charles VIII lui avait accordé une taxe sur les boissons, le billot, pour avoir aidé à conquérir la main d'Anne de Bretagne. Avec cet argent, Josselin devient l'un des châteaux les plus raffinés de France. Côté Oust, trois tours massives. Côté cour, une broderie de pierre. Les Rohan se convertissent au protestantisme. Henri II de Rohan devient chef des huguenots sous Louis XIII. Richelieu fait parler les canons en 1629. Le château sert ensuite de prison, puis de filature de coton. Cinq tours sur neuf avaient disparu. Charles de Rohan-Chabot entreprend la restauration en 1835. Jules de La Morandière, élève de Viollet-le-Duc, dirige le chantier. Les Rohan y vivent toujours. Dans les écuries reconverties, le musée de poupées rassemble cinq mille pièces, la plus grande collection privée de France, commencée par la duchesse Herminie au XIXe siècle. Dans la bibliothèque du château, une table a servi à signer l'édit de Nantes. Le château regarde l'Oust. Les tours manquantes laissent un vide précis dans le ciel de Josselin.

Tags

petite cité de caractèremédiévalchâteaubasilique

Informations pratiques

Localisation

56120 Josselin