Jugon-les-Lacs
Autre

Jugon-les-Lacs

Côtes d'Armor, Bretagne

À propos de ce lieu

Du Guesclin n'avait pas l'habitude de complimenter ses adversaires. Pourtant, quand il s'empare du château de Jugon en 1373, il laisse une formule qui est restée : Qui a Bretagne sans Jugon, a chapeau sans chaperon. Pas de Bretagne sans cette clé. Pas de maître sans ce verrou. Jugon-les-Lacs est une ville construite sur une logique de l'eau. Le château primitif occupait un éperon rocheux encadré par deux étangs artificiels, les ducs de Bretagne avaient fait barrer les rivières Jugon et Arguenon avec des digues pour transformer la topographie en système défensif. L'eau ne protégeait pas seulement les murs : elle contrôlait les routes. Jugon était le passage obligé entre les comtés de Penthièvre et de Dinan, entre l'intérieur et la côte. Tenir Jugon, c'était tenir la Bretagne. La première mention du château remonte à Eudon, premier comte de Penthièvre, mort avant 1079. La cité naît à son pied. Le prieuré Notre-Dame s'établit dès 1128. Les moines de l'abbaye tourangelle de Marmoutier reçoivent des donations d'Olivier de Dinan, terre, pêcherie, moulin, four. La vie s'organise autour du château et de l'eau, les deux inséparables. Au XIVe siècle, les ducs s'opposent dans les guerres de Succession. La forteresse change de mains plusieurs fois. En 1373, Du Guesclin, fidèle à Charles V contre Jean de Montfort, prend le château à la suite d'un siège. Il en souligne aussitôt l'importance par sa formule restée dans l'histoire. Le bourg qui s'était développé à l'abri des remparts continue de croître. Les marchands s'installent place du Martray. Les maisons à pans de bois et les demeures en granit s'érigent les unes après les autres. Le château finit par disparaître. Il ne reste plus rien des tours, ni de la motte féodale. Mais la digue du XIIIe siècle tient toujours. Elle retient aujourd'hui les soixante-dix hectares de l'étang de Jugon, alimenté par quatre rivières. La même pierre médiévale qui servait à la guerre sert désormais à retenir le silence et les brochets. L'église Notre-Dame-et-Saint-Étienne présente une curiosité architecturale : son clocher est couvert d'un toit en bâtière de type normand, une forme rarissime en Bretagne. L'édifice est inscrit aux monuments historiques depuis 1926. La maison de la Tête Noire, unique pan de bois de la cité, regarde la place du Martray depuis le XVIe siècle. Des canaux serpentent encore dans les ruelles, l'eau court partout dans cette ville, souterrainement, visiblement, entre les maisons, sous les pavés. La devise du connétable résonne encore sur les façades de granit. Jugon veille.

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petite cité de caractèreducs de bretagnemédiéval

Informations pratiques

Localisation

22270 Jugon-les-Lacs