La Guerche-de-Bretagne
Autre

La Guerche-de-Bretagne

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

En 1160, à Jérusalem, un seigneur breton signe un acte officiel de l'ordre du Temple au nom du maître Bertrand de Blanchefort, son supérieur direct. Guillaume II de La Guerche est alors le deuxième personnage de l'ordre du Temple dans le monde entier. Sénéchal de la milice templière, il représente le maître en son absence, signe à sa place, préside les chapitres. Un seigneur d'un bourg de la marche bretonne, à mi-chemin entre Rennes et l'Anjou, au sommet de l'une des organisations les plus puissantes du monde médiéval. La Guerche-de-Bretagne doit son existence à sa position. La ville naît sur la frontière orientale du duché de Bretagne, à la rencontre de quatre provinces et de deux royaumes. C'est une ville de passage, de commerce, de surveillance. La motte castrale s'élève au XIe siècle. Le marché, attesté dès le début du XIIe siècle, est l'un des plus anciens de Bretagne, il se tient encore chaque mardi, ininterrompu depuis neuf cents ans. Le dicton régional dit : on trouve tout, comme à La Guerche. Guillaume II part en pèlerinage à Jérusalem en 1156. Il n'en revient pas simplement croyant. Il revient sénéchal. De retour en Bretagne, il fonde une commanderie templière au nord de sa ville, l'une des plus puissantes de Bretagne. En 1173, son fils Geoffroy participe à la révolte des fils d'Henri II Plantagenêt contre leur père. Henri II fait incendier le château en punition. La motte brûle. Le château ne se relèvera jamais vraiment, au XVIe siècle, il n'est plus que ruines. Son frère Guillaume III décide en 1206 que la chapelle privée du château est insuffisante pour la gloire de sa maison. Il la transforme en collégiale, confie le tout à des chanoines avec une mission précise : prier jour et nuit pour le salut de son âme et de ses proches. En contrepartie, les chanoines reçoivent le droit de lever la dîme, de cultiver la vigne et d'utiliser le bois de la forêt seigneuriale. Le gisant de Guillaume III repose encore dans un enfeu du mur nord du chœur, derrière le maître-autel, comme si le fondateur refusait de quitter son église. L'église qui se voit aujourd'hui date du début du XVIe siècle, reconstruite en file de pignons, avec ses stalles de chœur sculptées entre 1505 et 1522, arabesques de la première Renaissance mêlées à des scènes profanes médiévales, hommes grotesques, animaux hybrides, saynètes paysannes glissées entre les prières. En 1869, un clocher-porche néogothique de soixante-quinze mètres est ajouté, flèche inspirée de la cathédrale de Quimper, visible de la lande alentour. Sur la place centrale, les maisons à pans de bois des XVIe et XVIIe siècles forment des galeries continues. Au centre, une fontaine marque l'emplacement du puits qui, pendant seize mois de sécheresse en 1766 et 1767, fut la seule source d'eau de toute la cité. Un marché. Un puits. Un sénéchal templier. La Guerche n'a jamais cessé d'être utile.

Tags

petite cité de caractèremédiévalbasilique

Informations pratiques

Localisation

35130 La Guerche-de-Bretagne