Le Faou
Autre

Le Faou

Finistère, Bretagne

À propos de ce lieu

En 1396, Jehan du Faou part combattre les Turcs en croisade à Nicopolis. Il est fait prisonnier sur le Danube, libéré, et meurt à Avignon en rentrant. Son frère Even lui succède, part à son tour en expédition maritime contre Yarmouth en 1405, et meurt devant la ville anglaise. La maison des vicomtes du Faou s'éteint peu après, silencieusement. La ville, elle, continue. Le Faou s'étire au fond de sa ria, là où la rivière du Faou se tord entre les forêts pour finir dans la rade de Brest. Le nom vient du breton faou, le hêtre. Les arbres ont tout commandé ici : d'abord le territoire, puis le commerce, puis la marine. Sans les forêts du Cranou qui couvrent les collines voisines, pas de vicomté puissante, pas de port, pas de ville. Les vicomtes apparaissent dès avant 1058. Leur château occupait une motte à l'entrée du bourg, protégée par deux cours d'eau. Leur puissance s'étend sur dix-sept paroisses à l'apogée, un territoire qui contrôle le passage entre le Léon et la Cornouaille, entre Brest et Quimper, entre la rade et les monts d'Arrée. Morvan, premier vicomte connu, vivait en 1086. Son descendant Guy est fait prisonnier à la bataille d'Auray en 1364, où il combattait pour Charles de Blois contre Jean de Montfort et les Anglais. La vicomté passe ensuite aux Rohan-Chabot, puis aux Richelieu, des bâtards du duc, des héritiers de paille, qui revendent en 1736. En 1765, la seigneurie devient marquisat, dernier titre avant l'abolition. Ce qui a rendu Le Faou riche, c'est le bois. Au XVIIe siècle, la création de l'arsenal de Brest déclenche une fièvre de coupe dans la forêt du Cranou. Les chênes et les hêtres descendent par flottage jusqu'aux quais, chargés sur des caboteurs qui remontent vers la rade. Le port du Faou devient le deuxième de la rade de Brest au XIXe siècle, un port d'échouage, accessible seulement à marée haute, où les navires viennent se poser dans la vase entre deux cargaisons de bois, de céréales, de maërl. Les marchands bâtissent alors la Grand-Rue à colombages, maison après maison, façades en microdiorite dorée et kersantite grise, pignons sur rue, encorbellements en surplomb, une rangée de bois et d'ardoises qui a traversé les siècles presque intacte. Eugène Boudin peint le Faou. Les foires sont nombreuses. La prison est active, les bagnards enchaînés qui vont de Lorient à Brest font halte ici, en route pour le bagne de la rade, le deuxième de France après Toulon. La ville est à la fois prospère et dure, commerçante et carcérale, bourgeoise et maritime. L'église Saint-Sauveur campe au bout de la rue, les pieds dans la ria. Le bourg médiéval tient encore. Le Faou n'a jamais eu besoin d'être fortifié, la ria s'en chargeait.

Tags

petite cité de caractèreparc naturel régionaléglise

Informations pratiques

Localisation

29590 Le Faou