Moncontour
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Moncontour

Côtes d'Armor, Bretagne

À propos de ce lieu

Sur les façades à colombages de certaines maisons de Moncontour, les sculpteurs du XVIe siècle ont taillé des motifs inhabituels, feuilles de fougère, croix de Saint-André. Ce sont des signatures flamandes. Les marchands de berlingue avaient fait venir de Flandre non seulement leurs méthodes de commerce, mais aussi leurs décorateurs. La toile avait tant enrichi la ville qu'elle avait changé la façon dont elle se construisait. Moncontour tient son nom du latin Montem Contoris, la colline du trésorier. Quatre-vingts mètres au-dessus des deux vallées qui se croisent à ses pieds, le rocher commande tout. Les seigneurs du Penthièvre comprennent très tôt que cet éperon est imprenable. Dès le XIIe siècle, ils y installent une forteresse. Les remparts s'étoffent aux XIIIe et XIVe siècles, hautes courtines, tours massives, chemin de ronde. En 1410, Jean V de Bretagne achète la place et l'intègre au domaine ducal. Moncontour est alors l'une des principales forteresses du duché. Le Cardinal de Richelieu ordonne le démantèlement partiel en 1626, comme pour tant de places fortes qui inquiétaient l'autorité royale. Onze tours résistent néanmoins. Elles sont là aujourd'hui, intactes, courant tout autour de la cité, l'une des ceintures de remparts médiévaux les mieux conservées de Bretagne. Mais Moncontour n'est pas seulement une forteresse. C'est aussi une ville marchande qui a prospéré exactement là où les armes avaient cessé. À partir du XVIe siècle, les paysans des campagnes alentour tissent l'hiver, sur leurs métiers à bras, une toile de lin et de chanvre grossière mais solide, qu'on appelle le berlingue. Les négociants concentrent cette production, la contrôlent, la revendent. Elle part de Saint-Malo et de Lorient vers l'Espagne, puis les colonies américaines, puis les Indes. Au sommet de la prospérité, la ville abrite des hôtels particuliers qui rivalisent avec les malouinières, l'hôtel de Kerjégu, devenu mairie, témoigne encore de cette aisance de granit. L'église Saint-Mathurin garde six vitraux du XVIe siècle dont la composition et l'intensité des couleurs accusent clairement leur dette envers les maîtres hollandais, l'Arbre de Jessé, l'enfance du Christ, la vie de saint Jean-Baptiste. Le lin avait ouvert des routes commerciales ; les routes commerciales avaient ramené des influences artistiques. Le 19 mars 1795, dans une maison de la place Penthièvre, le général Hoche rencontre des chefs chouans, dont Boishardy. Moncontour, ville bleue au cœur d'un pays chouan, servit ce jour-là de terrain neutre entre deux Frances qui se déchiraient. La plus petite commune du réseau des Plus Beaux Villages de France, moins d'un demi-kilomètre carré, tient tout entière dans l'enceinte de ses remparts. Ce qui était forteresse est devenu village. Le rocher n'a pas changé.

Tags

petite cité de caractèremonuments historiquesmédiéval

Informations pratiques

Localisation

22510 Moncontour