Parc du Thabor
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Parc du Thabor

Ille-et-Vilaine, Bretagne

À propos de ce lieu

Les moines bénédictins de l'abbaye Saint-Melaine avaient pris l'habitude d'appeler leur verger le Thabor, du nom de la montagne de Galilée où eut lieu la Transfiguration du Christ selon l'Évangile, une colline sacrée qui culmine à cinq cent quatre-vingt-huit mètres au-dessus du lac de Tibériade. Leur colline rennaise, elle, ne dépasse pas cinquante-six mètres. Mais les moines ont toujours vu grand. L'abbaye Saint-Melaine existe depuis le VIe siècle, fondée sur la tombe de Melaine lui-même, premier évêque de Rennes, mort ici vers 530. Les moines bénédictins qui s'y installent au XIe siècle y trouvent un enclos de verdure à l'est de la ville, hors les murs, que personne d'autre n'occupe. Ils en font leur potager, leur verger, leur jardin d'arbres fruitiers et de plantes médicinales. En 1610, les premiers textes le nomment déjà le Thabor. Au XVIIe siècle, les moines l'ouvrent aux promeneurs, mais aux hommes seulement. On y accède par un passage entre le cloître intérieur et le potager, puis par une porte cochère. Le lieu est calme, boisé, légèrement surélevé, avec des vues sur toute la ville basse. En décembre 1720, un incendie catastrophique détruit une grande partie du centre de Rennes pendant six jours. L'évêché, chassé de ses locaux, installe son palais dans une portion du Thabor. Le jardin se fragmente entre différents propriétaires ecclésiastiques. Puis les Rennais demandent aux moines l'autorisation de creuser un réservoir d'eau dans leur jardin, pour se prémunir contre un futur incendie. Les moines acceptent contre redevance. On creuse un trou immense. Le réservoir n'est jamais construit. L'eau de pluie s'y accumule. Les moines y font du bateau. L'excavation s'appelle alors l'Enfer, nom qu'elle conserve encore. La Révolution confisque les biens ecclésiastiques. En 1793, la ville de Rennes récupère le Thabor dans un échange avec l'État. La place Saint-Melaine s'ouvre, une entrée directe est percée, un jardin des plantes est créé, les premières collections botaniques s'y installent. Mais le site reste morcelé, mal articulé, encombré de vestiges de différentes époques. C'est Denis Bühler qui recompose tout entre 1866 et 1868. Bühler a travaillé sur les Champs-Élysées, sur des parcs à Lyon et à Paris. À Rennes, il conçoit un espace en trois registres superposés : un jardin à la française avec ses parterres géométriques et ses bordures taillées, un jardin à l'anglaise avec ses prairies courbes et ses bouquets d'arbres, et un jardin botanique avec ses collections raisonnées. L'Enfer devient un théâtre de verdure. Un carré de pelouse porte le nom de Du Guesclin, dont la statue est inaugurée en 1825 au centre du rectangle. Une colonne de juillet commémore deux Rennais morts lors des insurrections de 1830. La roseraie s'étend jusqu'à deux mille variétés. Le 29 mai 1943, des bombardiers américains visent Rennes. Une bombe tombe dans une tranchée aménagée dans le carré Du Guesclin. Vingt-cinq personnes y meurent. Les arbres sont centenaires maintenant. Ils absorbent tout sans broncher, les promeneurs, les concerts du soir, l'oubli.

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Informations pratiques

Localisation

Place Saint-Mélaine, 35000 Rennes