Port-Louis
Autre

Port-Louis

Morbihan, Bretagne

À propos de ce lieu

Vauban, en visite en 1683, juge les bastions trop aigus mais concède que la situation de la citadelle est si avantageuse en elle-même que rien n'empêche qu'on puisse considérer le Port-Louis comme une bonne place. Ce compliment mesuré du plus grand ingénieur militaire de son époque dit tout de Port-Louis, une ville qui a toujours tiré sa force de sa position, une pointe rocheuse plantée à l'entrée de la rade, entre deux rives, entre deux mondes. La ville s'appelait Blavet. En 1590, trois mille soldats espagnols y débarquent sous les ordres de Don Juan del Aguila, envoyés par Philippe II à l'appel du duc de Mercoeur, chef de la Ligue en Bretagne, qui refuse de reconnaître le roi Henri de Navarre. Don Juan del Aguila installe son quartier général sur la pointe. Il fait venir Cristobal de Rojas, ingénieur des fortifications de Cadix, le même homme qui construit simultanément une forteresse à Roscanvel, face à Brest. En 1591, le Fuerte del Aguila, le fort de l'Aigle, prend forme. Les Espagnols tiennent la rade huit ans. En 1598, la paix signée, les États de Bretagne exigent la démolition. On en conserve cependant les bastions, les casernes, la chapelle. Henri IV comprend la valeur de l'endroit. La ville reçoit un nouveau nom, Port-Louis, en hommage au roi. En 1618, Louis XIII ordonne la reconstruction complète. L'architecte Jacques Corbineau, bâtisseur du château de Brissac, prend en charge le chantier. En 1641, Richelieu confie l'achèvement à Nicolas Gilles. La citadelle prend sa forme définitive, rectangle bastionné, courtines, demi-lune. Ce que l'on voit encore aujourd'hui est essentiellement l'œuvre de cette période, les quelques ajouts de Vauban se limitant aux bâtiments de la basse-cour. En 1664, Colbert fonde la Compagnie française des Indes orientales. Elle cherche un établissement sur la côte atlantique. Port-Louis est choisi. En 1666, les premières installations s'implantent au fond de la rade, sur la lande du Faouëdic, chantier naval, magasins, baraquements. Ces quelques bâtiments deviennent une ville. On la nomme d'abord L'Orient, d'après le Soleil d'Orient, premier vaisseau construit par la Compagnie en 1667, ou peut-être d'après Porzh an Oriant, le port pour l'Orient en breton. Les deux étymologies coexistent. La ville, elle, est réelle, c'est Lorient. Port-Louis surveille. Thé, café, soieries, porcelaines chinoises, épices, indiennnes de coton, lingots de zinc, tout ce que les vaisseaux de la Compagnie rapportent d'Asie, des Amériques, d'Afrique, transite sous l'œil des canons. En 1769, la guerre de Sept Ans achève la Compagnie. En 1940, les Allemands occupent la citadelle. Dans son stand de tir, ils fusillent des résistants. Aujourd'hui, les murs abritent le seul musée de France consacré aux compagnies des Indes. Les porcelaines de la Chine impériale y regardent toujours la rade.

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petite cité de caractèrecité maritimemonuments historiques

Informations pratiques

Localisation

56290 Port-Louis